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Jeudi 19 janvier 2006 4 19 /01 /Jan /2006 20:38

Tout de même, je ne peux pas me résoudre à clore ce blog ainsi. Il faut un happy end, je n’ai pas envie d’avoir le cafard. Certes, ce mercredi 10 août, à 11h00 du soir, je suis seule, dans mon minuscule appart après avoir vécu 3 semaines pleines d’aventures en Inde. J’aurai de quoi déprimer, non ? Et bien, je décide de prendre les choses en main.  

 

A peine les valises posées, j’allume mon ordinateur et j’envoie un message à Florence et Céline, manière de prolonger le séjour. Je leur raconte l’épisode du sac échangé et je les imagine face à leur écran, en train de se dire «  décidément elle les collectionne… ».

 Entre temps, le chauffe-eau a eu le temps de faire ce qu’il doit faire. Je me douche pour me décontracter. Il est plus de minuit quand je m’écroule dans mon lit. Un vrai lit, pourvu d’un sommier, et non d’une planche de bois : ah… !

 6H30 – mon horloge biologique réglée à l’heure pondichérienne me sort doucement de mes rêves. J’ouvre les yeux mais je ne reconnais pas les lieux qui m’entourent. Où je suis ? Trichy ? Maduraï ? Pondy ?...Tiens, il me semble que j’ai déjà vu ces rideaux quelque part ? Oh, c’est drôle c’est les mêmes que…moi ? Ça y est je percute au bout de 10 min. L’avion, le train, …ah, oui, je suis à Béziers ! L’exotisme retombe ! Essayons de nous rendormir.

 8H20 – je n’en peux plus. Je dois me lever. Plus je reste au lit sans dormir, plus je réfléchis…le blues revient. Vite, un seul remède : l’action. Je sors du lit, je prépare un bon petit déjeuner puis, j’enchaîne : ouverture des sacs, machine à laver, coups de fil à la famille pour dire que je suis toujours entière, étendre le linge, ménage de l’appart abandonné depuis des mois, soit trois mois, date à laquelle j’ai abandonné l’idée de le nettoyer en prévision des vacances à venir ! Donc, y a urgence, au boulot : aspirateur, serpillière, nettoyer, balayer, astiquer, « casa toujours pimpante ». Je fais le ménage à la fois dans l’appart mais aussi dans ma tête : s’occuper pour ne pas penser.

 A midi, je vais dîner chez papy et mamie. Ils m’attendent tous les deux avec une impatience non dissimulée. Je leur raconte tout, ils me posent des centaines de questions. Je leur montre les premières photos, ils les regardent avec une telle attention que j’en suis tout retournée. Je m’aperçois qu’ils ont archivé précieusement les photocopies faites de mes mails par mon père. Je me rends compte que finalement ce voyage, ils l’ont vécu à leur manière par mon intermédiaire. Les e-mails, les SMS envoyés, les ont fascinés. Incroyable que l’on puisse avoir aussi vite des nouvelles écrites alors que j’étais à 9000km de Maureilhan. Ils n’en reviennent pas. A chaque mail transmis, ils ont regardé sur la carte où j’étais, en redécouvrant la géographie sur un atlas datant des années 70 ( futur cadeau de Noël à prévoir). Je pensais que j’aurais du mal à raconter, à faire vivre un récit à de personnes qui n’était pas avec moi. Je me suis trompée ; ils boivent mes paroles comme parole d'évangile. Moi, j’ai soif à force de parler.

 Ce soir, c’est le début de la Féria. Voilà une occasion d’échapper au blues. Mais j’y renonce. D’abord, je suis quand même, faut avouer, un peu crevée. Puis, j’ai envie de tourner la page, finir de défaire ma valise, tout ranger. Déballer les souvenirs rapportés, comme on ouvre les cadeaux le soir de Noël. Je me repasse des images dans ma tête, des odeurs, des bruits…je crois que j’ai besoin d’être seule pour apprécier ce moment. Je réfléchis à d’autres destinations : le Rajasthan ? Le Népal ? J’ai envie de me lancer de nouveaux défis, pour avancer, je suis heureuse. Merci Florence, merci l’Inde où j’ai découvert L’Art Of Living !

 

 

 

 

 

Attention, n’allez pas croire que je suis devenue une de ces routardes sorties d’une Ashram et qui ne jure dès lors que par l’Inde et son Karma. Non,  c’est sûr que ce voyage va changer quelque chose, quoi ? Sur l’instant, je n’ai pas vraiment de recul pour le dire. Aujourd’hui, un peu plus. Déjà, ma façon de voyager. Je ne veux pas dire par là que dès lors, je vais tout bien organiser pour qu’il n’y ait plus d’"impers" (ah, non, celui-ci je le prendrai dès lors), pour qu'il n'y ait plus d'"impairs" . Non, ce serait trop triste et je n’aurai plus rien à raconter. J’ai envie de repartir à nouveau, en oubliant mes peurs, mes craintes, en allant plus vers les autres, vers de nouvelles cultures: perdre mes repères, me faire bousculer, franchir d’autres frontières, élargir mes horizons ! Après ce passage, c’est sûr vous pensez que je suis entrée dans une secte. Je vous garantie le contraire. J’ai changé, c’est sûr, mais c’est difficile de l’expliquer.

Ce n’est pas qu’un changement physique car après 3 soirs de féria, les kilos perdus à cause des petits dérèglements gastriques ont été très vite récupéré. Mais, plus un changement d’esprit…Oh ! Je ne sais pas l’expliquer !

 Le mieux c’est de faire l’expérience soi-même…bon voyage !

Par fanny marques - Publié dans : madeinindia
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Jeudi 12 janvier 2006 4 12 /01 /Jan /2006 13:12

Un retour presque parfait

 Minuit, on arrive à l’aéroport international de Chennai. C’est bon, on est en avance. L’avion ne décolle qu’à 2H45. On a presque 3 heures devant nous, ça devrait suffire…Pas sûr ?

 1 heure d’attente pour passer le premier contrôle. Notre avion part pour New York via Paris, du coup, « psychose attentat oblige », tous les passagers sont interrogés un par un, par la police. 200 passagers un par un, évidemment, ça prend du temps, surtout si quelques uns ne parlent ni hindi, ni tamoul. Heureusement, nous ne sommes que 5 ou 6 dans ce cas là. Arrive mon tour, un premier agent de police s’avance vers moi et commence à me poser des questions en hindi. Sa collègue voyant ma mine déconfite, l’écarte du bras genre « laisse moi faire, je maîtrise l’anglais ». Elle me pose deux, trois questions, je devine ce qu’elle me dit et ça marche, visiblement, je réponds ce qu’elle attend. Puis, elle me demande :

  « Veine and verre ?

-         euh…yes.

-         no, veine and verre ?

-         Euh…no…perhaps…

-         No, Veine and verre your lugage ! (elle commence à s’énerver)

-         euh…I don’t know.

-         What? But VEINE and WERRE ! ( là, c’est toutes les personnes derrière moi qui me fusillent du regard) »

 Isa qui me précède connaît déjà toutes les réponses ; elle me souffle « Quand et où as-tu fait ta valise ? »

 « Ah…when and where, I understand… »

 Je lui réponds, elle apprécie moyen ma prononciation. Ce petit incident me chagrine, tous ses efforts depuis le collège pour apprendre l’anglais.

 « Where is Bryan ? Brian is in the kitchen.

 Is he in the kitchen ?

 Yes, he is. »

  Tout ça pour se rendre compte que les autres n’ont pas le même anglais que moi !

 Demi-heure d’attente pour enregistrer les bagages puis demi-heure de plus, pour passer le contrôle des douanes, je commence à avoir les pieds qui enflent à force d’être debout. On se dirige vers la porte d’embarquement et l’on voit se dresser devant nous un troisième contrôle de sécurité. Mon bagage à main passe aux rayons X. A la sortie, le douanier l’attrape et l’ouvre. Il cherche quelque chose. Ça y est, je suis foutue ! Ils vont découvrir un truc et je vais finir au fond d’une geôle. Ils retrouvent l’objet du délit : un  briquet ! Le terroriste est démasqué. Si j’avais su, je l’aurai laissé à Yves, lui qui fait que piquer les allumettes secrètement cachées par Florence.

 Après tout ça, il nous reste plus que 30 minutes pour embarquer. 2H45- on est enfin installées, prêtes à décoller, prêtes à dormir. Je ne vois même pas le décollage, je dors. Je dors jusqu’à je ne sois plus assez fatiguée pour pouvoir dormir dans n’importe qu’elle posture inconfortable au possible. Dormir, pipi, écrire, manger, pipi, dormir, manger, pipi…le voyage est plus rapide qu’à aller, pourtant il dure 1 heure de plus.

 12H57 – heure de Pondy, 9H25, à Paris, on commence à descendre vers la capitale…Atterrissage en douceur et à l’heure. On prend le temps de sortir de l’avion, manière de prolonger encore un peu le voyage, de croire encore qu’on est en Inde. Puis on prend la navette pour aller rejoindre le terminal 2 E où nos bagages nous attendent. Pour patienter, ils doivent déjà en train de faire quelques tours de manège. Dans la navette, il y a un groupe de jeunes ados indiens venus faire un séjour à Paris. Ils sont émerveillés par tout ce qui les entoure, un peu comme moi, quand j’étais chez eux. J’imagine le choc quand ils vont devoir emprunter le RER ou le métro. L’un d’eux poussé par ses copains s’avance vers Isa. Il prend une grande inspiration et s’élance : « Kè leurrr yilé si vous pai ? » Isa ne comprend pas, elle cherche à quoi cela pourrait-il correspondre en anglais, sauf qu’il essaie de parler en français. Elle lui fait signe genre, je n’ai pas compris. Il repart honteux vers ces copains. Je percute enfin et lui donne l’heure, mais je ne suis pas sûre qu’il ait compris la réponse.

 On débarque les dernières au terminal 2 E. Il reste encore quelques bagages qui tournent sur le tapis roulant. J’attrape le mien et le hisse sur un chariot. On passe le contrôle des douanes françaises sans problème. On quitte le terminal pour se diriger vers la gare RER. On a le temps alors première chose, allons nous débarbouiller. Je me lave les mains, le visage et je cherche ma serviette de toilette que j’avais préparé par précaution sur le dessus de mon sac. Je l’ouvre et je sors des habits étranges, un pantalon, un tee-shirt mais pas de serviettes.  Bien sûr je râle :

 " Ils ont encore ouvert mon sac. Regarde Isa, y a même des affaires qui ne sont pas à moi !

 -         Génial ! tu vas même ramener des cadeaux en plus, me dit Isa, tout aussi futée que moi ! »

 J’observe attentivement le sac, regarde l’étiquette et là, je m’aperçois que ce n’est pas mon sac. C’est exactement le même, mais ce n’est pas le mien ! Panique ! Je prends de suite mon portable et j’appelle le numéro inscrit sur l’étiquette : un répondeur, je laisse un message. Que faire ? Où aller ? Où attendre ? A qui s’adresser ? La fille à qui appartient ce sac habite en région parisienne, c’est une chance, non ? Elle aurait pu filer prendre un TGV pour Dunkerque ?

 

 

Faut attendre qu’elle rappelle. Attendre, toujours attendre. Il est déjà 11H et j’en ai marre. 11H30, je boue, allons vers la gare RER, d’ici là, elle va m’appeler ! Et, c’est parti pour une première de l’immense terminal 2 E et son interminable couloir. Moi qui avais savamment calculé le poids à répartir sur mes épaules, je me retrouve avec un énorme sac d’une tonne au moins. Une horreur, même avec le petit chariot !

 12H, étant donné le repas frugal offert par Delta Airlines, j’ai une fringale incroyable ! Mangeons, ça nous occupera un moment. 5€ un sandwich et une mini bouteille d’eau, c’est sûr, on n’est plus en Inde !

On attend...génial !

12H30, je change de stratégie : anticipation à retardement. Je reviens au terminal 2 E, sans les bagages, trop encombrants, pour porter réclamation au service des bagages Air France. Et c’est parti pour les escalators, les tapis roulants, l’ascenseur, et la marche…Le couloir doit mesurer dans les 1500mètres, je vous jure ! Arrivée là-bas, il me faut repasser la douane, en expliquant honteusement mon problème. J’en vois un qui ricane. Attention, je t’ai à l’œil !

 L’hôtesse m’accueille de suite, écoute attentivement mon histoire et me demande :

 « Où est-le sac ? »

 Retour à la gare : les escalators, l’ascenseur, les tapis et la marche. Entre temps, pas d’appel. Je reviens, repasse à nouveau la douane qui se pouffe. Je leur jette un regard noir ! J’arrive devant le comptoir Air France, l’hôtesse n’est plus là. Elle est partie faire sa pause ! Alors…

 J’attends…j’attends… (S'il y a bien une chose que l'Inde vous apprend, c'est la patience!)

 Soudain, le téléphone sonne : c’est la propriétaire du sac. Elle veut qu’on se retrouve pour procéder à l’échange. Je me méfie et fais part de mon mécontentement. Après tout, c’est elle qui s’est trompée et qui a pris le sac le mieux rangé ! Aussitôt elle me passe son copain qui commence sèchement à me dire que je pourrai faire un effort et venir les rejoindre car ils ont la flemme de revenir à Roissy. Et MOI, TU CROIS QUOI ? Que je m’y éclate depuis 4 heures ! Et puis, pourquoi je leur ferai confiance et si c’était un traquenard ! Il s énerve encore plus. Entre temps, l’hôtesse réapparaît. Alors, en douce, je fais comme si je ne la voyais pas car elle veut me reprendre le sac qui n’est pas le mien. Je m’éclipse. Je repasse pour la quatrième fois la douane française. « Le premier qui sourit je lui balance ce sac sur la tronche, OK ? »

 Retour à la gare RER : escalators, ascenseur, tapis…et ce P_ _ _ _ _ de sac !

 Le rendez vous est pris. Nous devons nous rendre à la gare de Vincennes, en changeant à « Nations ». L’échange se fera sur l’esplanade. Nous nous sommes données des signes de reconnaissance. Pour elle :

 « Je serai avec des cheveux mi-longs et une robe noire »

 Pour moi :

 « J’aurai un énorme sac à dos vert de marque Quechua !!!! »

15 H – nous sommes en place. Et, on attend…Hélas, il semblerait que tous les habitants de Vincennes aient décidé de porter des cheveux mi-longs et une robe noire aujourd’hui.

15H15 – le contact arrive : Mercedes noire, vitres teintées…la mafia ? La femme sort et correspond à la description. Je m’avance et passe aux présentations. Je lui remets le colis qu’à condition qu’elle me montre ce que moi je convoite. C’est chose faite.

« Bon, beh, c’est pas tout, mais nous on doit aller encore prendre un train à la gare de Lyon ! alors…

-         on vous dépose, si vous voulez ?

-         (C’est bien la moindre des choses) on voudrait pas vous déranger.

-         mais, non, ça nous fait plaisir !

-         (et en plus ils prennent du plaisir. Ah, encore des parisiens qui veulent me faire parler pour se foutre de mon accent) bon, si vous insistez, c’est d’accord ! »

En chemin, on discute de nos itinéraires respectifs en Inde. L’ambiance se détend. Ils me parlent des Cévennes et de Montpellier. Je commence même à les trouver sympathiques. Ils nous déposent devant, avec nos sacs. Je vérifie. C’est alors qu’ils se confondent tous les deux en excuses pour nous avoir causer tant de soucis. (A genoux que je vous donne l’absolution) « Oh, ça fera des souvenirs ! Dis-je en souriant poliment »

Il est 15H30 : 6 heures pour récupérer un sac soi-même…un petit exploit, non ?

 

Il nous reste encore 3 heures à tuer. Notre train ne part qu’à 18H20. Alors, après avoir mis les bagages en consigne, nous partons nous balader au jardin des plantes. On est crevées ! On aimerait tellement se poser sur un banc confortable et à l’ombre. Hélas, les quelques parisiens qui ne sont pas partis envahir les plages méridionales se sont donnés le mot. Ils sont tous là, profitant du soleil, pour squatter tous les bancs en bois ombragés. Il ne reste plus que les bancs en pierre en plein cagnard : non, merci !

On cherche, on se traîne, de vraies loques. Les jambes sont lourdes et mes paupières se ferment à chaque foulée. Tiens un marchand de glaces ! Soudain, l’énergie me revient.

« Quoi ! 150 roupees un cornet de glace avec 1 seule boule, non mais ça va pas ! »

Y a plus de doute, on est bien rentrées en France !

On continue notre recherche qui se solde par un choix délicat : soit on s’assoit à côté de deux tourtereaux, soit à côté de deux mamies. Devinez ce que je choisis…

Les deux mamies, bien sûr ! Je ne suis pas suicidaire, non plus !

Les 2 mamies sont très touchantes. Elles se vouvoient et semblent pourtant se connaître depuis un bon bout de temps. Elles se chantent des vieux refrains de leur jeunesse. Puis, elles en viennent à parler de leurs problèmes d’arthrose, de suintements entre les orteils, de la chaleur, et des piafs qui sont à leurs pieds. Elles continuent à parler des animaux. Des chats, notamment. L’une a même ramené un article de presse découpé, puis photocopié afin de le donner à la seconde. Ce papier raconte un exploit épatant. Une chatte aurait sauvé ses 4 petits d’un immeuble en flamme ! Elles s’extasient devant l’évènement, la première avouant à la seconde d’avoir pleurer en lisant cette histoire. La seconde en conclue que les animaux sont bien meilleurs que les Hommes. Isa et moi, on ne dit rien. On médite sur ce qu’on entend…enfin…on est tellement fatiguées, qu’on préfère rester toutes les 2 passives et muettes comme des carpes, puisqu’elles aiment bien les animaux, pourquoi pas les poissons.

17H – l’heure approche. Avant de regagner la gare, nous passons à l’épicerie du coin manière de ne pas payer le sandwich SNCF du TGV. Etant donné les prix, on se contente d’un peu de pain, du kiri et du chocolat. Ah, le chocolat, du vrai ! Voilà 3 semaines que j’en cherche ! Je suis en manque !

18H – Assise sur nos sacs, on attend le train. On n’a pas fière allure. J’ai l’impression que tous les gens autour de moi courent et que moi, je suis comme Steve Austin, au ralenti.

 18H05, le train est annoncé voie A. On se lève difficilement. En poussant notre chariot, on arrive enfin devant la bonne voiture. On est en première classe !!! Ça y est, on a pris goût au luxe en Inde. Va falloir tout de même se calmer ! Je prends une photo quand même, au cas où je sois plus tard nostalgique de cette période où j’avais le sentiment d’être riche (Merci les billets Prems) !

 Le goût du luxe:  

 

 

Pendant le trajet, je me répète : faut pas t’endormir, faut pas t’endormir, pas t’endormir, t’endormir, dormir, dor…Je ne peux pas résister, je tombe de fatigue. Pourtant je sais bien que si je dors, après une fois chez moi, seule, angoissé, j’aurais du mal à le faire, c’est sûr ! Mais je n’y arrive pas ; le bercement du train est fatal. Le train s’arrête à Nîmes, Montpellier, Sète…l’arrivée est proche, Agde, plus que quelques minutes et puis…tout va finir ! Ça y est ! On y est ! Va falloir sortir, quitter le voyage et revenir à la réalité, soit personne qui m’attend.

 Là, à ce moment précis, j’ai beau me répéter que j’ai eu de la chance d’avoir fait ce voyage, de vivre et de voir toutes ces scènes insolites, rien n’y fait : j’ai le blues ! Isa, au contraire, est dans le couloir du train depuis Agde. Le sac sur le dos, elle est prête à sauter sur le quai. Pour une fois, elle est expressive, elle est heureuse, c’est certain. Le train à peine arrêté, elle saute dans les bras de son chéri. Moi, je traîne encore dans le train. J’ai envie d’y rester. Continuer le voyage, ma fuite en avant vers, n’importe où, mais pas ici ! Je descends quand même…Maigre consolation, un paquet de café m’attend sur le quai grâce à un SMS envoyé discrètement par Isa à notre chauffeur.

 23H00, je suis devant mon immeuble. Je gravis ces escaliers maintes fois dévalés, je cherche mes clés, j’ouvre la porte de mon appart : pas d’eau chaude, pas d’électricité, le frigo vide. Je referme derrière moi, le voyage est dès lors terminé !

Par fanny marques - Publié dans : madeinindia
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Dimanche 8 janvier 2006 7 08 /01 /Jan /2006 22:31

The last day

 C’est une journée marathon qui nous attend aujourd’hui. Le plan dans les mains sur lequel est noté toutes les boutiques incontournables, la course aux souvenirs commence. Au passage faut récupérer les photos, amener des roupees à l’association Pondy – école, acheter des cadeaux pour Yves et Florence et bien sûr ceux pour la famille. Isa doit même encore poster quelques cartes. On fait une courte pause à midi, juste le temps de manger un morceau et de préparer la valise. Le casse-tête s’engage : comment tout faire rentrer dans les sacs, sans dépasser l’excédent de poids ? Problèmes d’autant plus difficile à résoudre que je n’ai pas fini tous mes achats. Une solution : laisser des choses sur place. Je jette de Kickers qui ont moisi dans le Kérala, je laisse mon livre lu durant le séjour dans une boutique…mais ce n’est pas suffisant.

 A 15H00, on repart en rickshaw. Un petit tour par le marché. Isa achète un pot de chambre en plastique pour transporter des mangues. 3 kg à porter à bout de bras, je lui souhaite bon courage.

 

 

Sur le marché, j’en prends plein la vue et le nez : scènes insolites, odeurs d’épices et poissons mélangées, bric à brac de tous  les côtés, le bruit…je sais que demain, dans les interminables couloirs de Roissy, tout sera déjà loin ! Je suis toujours autant fascinée qu’aux premiers jours, mais l’angoisse s’est envolée. Je suis détendue et j’essaie de profiter de tout ce que je vois autour de moi.

 Les boutiques s’enchaînent. Je compte les derniers roupees et fais des calculs en permanence pour être sûre de tout dépenser, sans en manquer. Dernière étape : Fabindia. Ce fut notre première boutique et nos premiers achats, ce sera aussi la dernière du séjour. La boucle est bouclée. Isa et moi nous faisons un sacré remue-ménage. On touche à tout, on prend, on déplie, on repose…1heure après, on n’est toujours pas décidées, mais faut y aller. Passage à la caisse, je paie en CB puis je pars dans une autre boutique, en demandant à Isa de me rejoindre dès qu’elle aura fini. Malheureusement, je me perds dans les rues. Il fait nuit et je mélange tout, ce qui n’est vraiment pas dans mes habitudes puisque j’ai en permanence le GPS branché dans ma boîte crânienne. Pendant ce temps, Isa me court après. Elle finit par me retrouver devant le Santsaga. Elle m’explique que je suis partie sans signer le ticket de carte bleue et que les vendeurs de Fabindia détiennent ses achats en otage. Alors, on repart pour la boutique en question. On marche, on marche, on marche…une signature, les achats sous les bras, je rends les armes et je rentre chez Florence. Il me manque encore des cadeaux et je n’ai pas eu les housses de coussins que je souhaitais. Tant pis, je suis épuisée.  

 

 19H30 – retour rue Romain Rolland. Juste le temps de se doucher, de boucler les valises et de manger un morceau. Puis, l’heure approche. Je suis prête à partir. J’aimerai que le temps s’accélère un poil. Tout le monde est assis dans le séjour. Luc joue de la guitare et Johan chante. Je souris et essaie de dissimuler ma peine. J’aurai plein de choses à dire, des mercis, des sentiments mais rien ne sort. C’est comme si un poulet tandori entier était coincé en travers de ma gorge. Je sens que je vais craquer. J’ose à peine regarder Florence. J’ose à peine penser à demain soir, seule, dans mon appart à Béziers ; sinistre !

 21H04 – le taxi est là, cette fois, et  à l’heure. La sonnette de la porte sonne le glas. Un dernier pipi avant de prendre la route, on charge les bagages dans l’Ambassador et ça y est, c’est le moment de se séparer. Je craque dans les bras de Florence. Assise dans les sièges en cuir de notre taxi, je ne dis rien, le poulet n’est pas descendu. Je regarde une dernière fois les familles indiennes venues prendre le frais le long de l’océan. J’ouvre la fenêtre : je veux respirer encore ces odeurs. Le silence dure une bonne dizaine de minutes. Puis, la pression retombe, je respire un grand coup et commence à parler. Je repasse les moments du séjour dans ma tête, je me dis que je suis très chanceuse d’avoir fait ce voyage, fait toutes ces rencontres, même celle de Ludovic, et je pense déjà à une prochaine destination. J’ai un peu l’impression de parler seule ; on ne peut pas vraiment compter sur Isa pour faire la conversation. Je me rassure …les silences m’angoissent tellement !

 Il ne me reste plus maintenant qu’à reprendre l’avion pour retourner vers Monchezmoi. Et ça, on ne peut pas vraiment dire que ce soit mon fort! L’aventure ne sera terminée qu’une fois que je serai complètement rentée, sans que rien ne manque à l’appel, alors je reste vigilante !

Par fanny marques - Publié dans : madeinindia
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Vendredi 6 janvier 2006 5 06 /01 /Jan /2006 18:26

Ce matin, nous ne sommes pas toutes les trois au meilleur de notre forme. Déjà que Céline a passé la journée précédente à moitié endormie, celle-ci s’annonce dans le même registre. On se traîne lamentablement, pas une pour rattraper l’autre. Difficile du coup d’apprécier le musée de statues en bronze.

 On monte difficilement en haut de la tour du palais qui abrite le musée. Chaque pas est un effort insurmontable. Très vite, le musée commence à me soûler. Il faut se réveiller et trouver un peu d'intérêt à la visite. Tiens, un éléphant montons y dessus! Forcément, on se fait jeter; normal c'est une pièce maîtresse du musée.

 Il faut qu’on sorte. Mais c’est un peu comme Ikéa, il faut passer par chaque pièce pour pouvoir enfin atteindre la sortie ! Ouf ! Vite au taxi climatisé. Mais pourquoi un tel état de fatigue ?

 Pour les filles, je ne peux pas répondre à leur place. Pour ma part, le premier facteur déterminant est la chaleur. Cette nuit, j’ai frôlé la liquéfaction sur place. Pourtant, nous avions pris soin de prendre une chambre avec clim. Or, la clim allumée faisait tellement de bruit qu’elle nous empêchait de dormir ; du coup, on l’a éteinte. Quant au ventilo, il était si haut perché qu’il était complètement inefficace. 35° de température ambiante, ça m’a tué. Et ce matin, celle-ci doit bien avoisiner les 45°, voir plus en plein cagnard ! L’horreur ! Puis, je crois aussi que j’ai accumulé pas mal de fatigue depuis le début du séjour qui ne demande qu’à s’exprimer.  

 

 

A midi, Selva nous amène dans une cantine typiquement indienne. Service ultra rapide, menu unique servi sur des feuilles de bananier : le Thalik. Il y a du riz accompagné de différentes sauces super épicées et un nan frit au goût de poisson. « C’est pas mauvais mais c’est pas bon ! » L’inconvénient majeur est qu’on ne nous a pas donné de couverts. Faut y aller qu’avec la main droite car l’autre a une tout autre fonction applicable aux toilettes seulement.

Je me lance et j’en mets partout. Les tables voisines m’observent et s’étonnent de nous voir si peu dégourdies, car Isa, ce n’est pas mieux que moi. Elle a fait un chemin de la feuille jusqu’à se bouche avec le riz. Céline, toujours aussi peu réveillée, s’abstient et nous regarde amusée. Facile ! T’as qu’à le faire !

 Après ce repas original, Selva veut nous offrir un verre : rudement sympa ! On accepte tous les trois. Il nous amène dans une cahute où un homme à l’hygiène douteuse presse de la canne à sucre. Il lave les verres dans une eau marronnasse, mets deux glaçons faits avec de l’eau du robinet = DANGER puis verse le jus pressé manuellement. Il nous tend un à un les verres ! Céline et Isa prennent le leur, moi, redoutant l’effet boomerang, je m’excuse et j’annonce que je veux juste goûter dans les verres des copines : ce sera suffisant ! J’observe Céline et Isa qui portent le verre à leur bouche. Dès la première gorgée, je lis dans leurs yeux une angoisse, voir de la pitié. Elles me supplient de les aider, du moins c’est que je comprends. Alors je me sacrifie et je bois dans les deux verres. Au final, c’est moi qui en aie bu le plus. Si après ça, je ne suis pas malade, c’est que mon estomac est désormais immunisé ; un roc, prêt à tout avaler. Je devrais prendre de l’Ercéfuril en préventif, tout de même !  

 

 

 L’après midi s’écoule lentement dans le taxi qui nous ramène à Pondy. Vitesse moyenne, 50 km/H due à une chaussée déformée et encombrée de vaches, de tracteurs, de charrettes… on somnole, Céline roupille tout le long, je crois que depuis hier elle a dû être piquée par la mouche Tsé Tsé !

 Selva veut encore nous faire plaisir. Il nous branche le lecteur DVD.  Je m’attends au pire. L’intégrale des clips de sa star favorite, Jennifer Lopez. A chaque trou, le DVD  saute et nous avons droit à trois fois de suite à la même chanson. Au bout de 10 minutes, je regrette les bonnes comédies musicales indiennes et leurs chorégraphies.

 17H00 – retour à la Casa ; Céline se réveille enfin ! Mais, pas le temps de se poser. Une course contre la montre s’engage : préparer le punch pour notre dernière soirée à Pondy. Répartitions des tâches : les fruits et les épices pour Emilie et Martine ; Isa et moi nous nous chargeons du sucre et du rhum. Céline rend les armes et repart se coucher…inquiétant ? Pas très douées, Isa et moi, nous mettons deux fois plus de temps que la première équipe. Mais on finit par regagner le stand d’arrivée avec notre butin : l’honneur est sauf. Petit passage au « Salt and peppers » pour commander le repas du soir.

 21H00, la dernière soirée commence. Sous le pendal, la chaleur est supportable. Un verre de punch délicieux à la main, un bidee dans l’autre, je suis détendue. J’écoute sans vraiment participer à la conversation. Je pense à demain, au moment de partir. Je sais que ça va être dur, que je serai encore incapable de sortir tout ce que je ressens. L’idée de revenir vers un quotidien fade après avoir côtoyer durant trois semaines un quotidien plein de rebondissements me déprime. Bon, allez n’y pensons plus, il me reste encore une journée. Profitons de cette dernière soirée : à la votre !

Par fanny marques - Publié dans : madeinindia
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Jeudi 5 janvier 2006 4 05 /01 /Jan /2006 18:22

Ce  matin, c’est le départ pour notre dernière virée ; Céline nous accompagne. Pour la dernière, on s’offre le grand luxe : voiture climatisée avec chauffeur. Celui-ci s’appelle Selva, il ne cause pas beaucoup mais son rôle n’est pas de faire la conversation, c’est de nous amener où on veut, quand on veut. Dans notre Ambassador, notre chauffeur nous fait traverser la propriété. Dans les campagnes, les travaux agricoles avancent bon train. Cette année la récolte de riz sera bonne. Les plantations de sucre sont un peu en retard. Les ouvriers, indigènes, bien entendu, oeuvrent le dos courbé sous le poids de leur charge. Le soleil brûle au dessus de leurs têtes. Les femmes repiquent les plants au milieu des rizières. Les couleurs vivent de leur sari ressortent au milieu de toute cette verdure…Je les surveille derrière les vitres teintées de notre véhicule. A l’intérieur, la clim nous protège de la chaleur accablante que subit nos ouvriers…Quel étrange sentiment ! Je crois que le malaise du départ me reprend ; je n’ose même pas demander au chauffeur de s’arrêter pour prendre des photos.

   

 

Selva fait une pause à Gangaiconda Cholapuram. Un temple se dresse face à nous, allons y ! Nous nous retrouvons au milieu d’un groupe de touristes français. Nous profitons de leur guide en nous glissant discrètement  parmi eux, ni vu, ni connu. A la sortie, un éléphant se dirige vers nous, sans avoir fait aucun signe pour l’attirer. Il nous bénit contre notre volonté mais nous jouons le jeu et lui glissons dans sa trompe les quelques roupees qu’il nous reste. Visiblement, ce n’est pas assez pour son cornac. Furieux, il oblige sa monture à bloquer notre véhicule. Nous nous réfugions à l’intérieur alors que le mastodonte commence à frapper le capot avec sa trompe. Selva perd son sourire. Il ouvre la fenêtre, balance quelques mots en tamoul et le cornac repart. Sans l’intervention de notre chauffeur, nous aurions été piétinées par le pachyderme. Selva est notre ange gardien, notre Sauveur : «  Aré Selva ! »

 

 

 Nous faisons un deuxième arrêt à Darasuram pour visiter un nouveau temple et une fabrique de saris. La fabrique…c’est plutôt deux métiers à tisser installés dans une maison tamoule où toute la famille vit et travaille autour. Ils sont heureux de nous voir et voient en nous, de potentiels clients. Hélas, c’est la fin du séjour et nous comptons les derniers roupees. Puis, que ferai – je d’un sari de 5 mètres de long, à Béziers ? Mais, le chef de famille est bien décidé à nous en vendre. Il en déplie une dizaine, tous plus beaux et plus colorés les uns et les autres, en soie, tissés de fils d’or. Nous sommes assises et regardons avec admiration la finesse du travail mais personne n’ose lui dire que nous ne sommes pas vraiment intéressées. Et lui, il continue à sortir tout un tas de tissus. 3 000 roupees…ce n’est pas possible, même pour lui faire plaisir, vous me voyez porter ça pour aller à l’école. Le temps le matin, qu’il me faudrait pour m’entortiller dedans ! Je devrais me lever 2 heures en avance rien que pour m’habiller ! Non, c’est décidément impossible ! Difficile toutefois de le vexer, il est si dévoué…Je ne craque pas pour autant et nous sortons avec une formule bien rôdée :

  «  We want to reflect and we’ll come back » ce qui signifie : donner de faux espoirs aux personnes qui ne sont pas dupes pour autant. Ils nous raccompagnent avec le sourire.

 

3èmearrêt – un restaurant de luxe où nous retrouvons les touristes français du temple de Gangaiconda Cholapuram. Passons vite sur ce passage qui n’a aucun intérêt, si ce n’est que de retour au taxi, on se demande ce que Selva a bien pu manger? Peut- être fallait-il lui proposer de venir manger avec nous ? Il refuse de répondre en détournant habilement la conversation. Il est embarrassé, moi aussi. Ce soir, on va se rattraper.

 4ème arrêt – sur la digestion, donc légèrement endormies, surtout Céline, nous visitons un atelier de fabrication de statuettes en cuivre. Ganesh, Shiva, Parvati, ils sont tous là, nous, moins, complètement dans les vaps ; la clim, ça tue. Dès qu’on sort de la voiture, la chaleur nous assomme.

 5ème arrêt : Tanjore

 D’abord, trouver un hôtel. Notre premier arrêt est une sorte de cité U de Sri Aurobindo – propre mais un peu vieillot et surtout, très, très, très chaud. Cette solution est rejetée. Cherchons la deuxième proposition. On tourne en rond, impossible à trouver. Selva intervient et nous amène dans un hôtel correct avec lequel il doit avoir quelques intérêts communs, comme le restau à midi.

 Une fois les bagages posés, il est 17 H00, l’heure d’aller au temple pour toutes les familles hindoues, surtout un dimanche. Rôdées, nous laissons nos chaussures à l’entrée. The Big Temple est impressionnant. Comme son nom l’indique, il est immense. Les familles se pressent. Le soleil se couche. Il règne une ambiance extraordinaire pleine de méditation et de quiétude. Je suscite un intérêt tout aussi grand que Shiva. Beaucoup de familles me demandent de poser avec eux sur leur photo. Ils sont morts de rire, je les intrigue. La taille sûrement car je les dépasse tous d’une tête ou deux. Les yeux peut-être ? Les habits ? La couleur des cheveux ou de la peau ? Tout à la fois, sûrement ! C’est plutôt amusant, une vraie starlette sur la Croisette, ou presque !

 

 

 Céline et Isa sont allées faire la queue pour entrer à l’intérieur de la chambre sacrée, noire et enfumée. Moi, bof, ça ne m’emballe pas trop, j’ai déjà donné, alors je me balade autour. L’atmosphère est tellement paisible que ça me donne l’envie de me rouler dans l’herbe. Tiens justement, une pelouse s’offre à moi, elle me tend les bras. Vite, avant que quelqu’un me prenne la place. Je vais m’asseoir un moment, le temps de méditer. A peine assise, je suis attaquée par de minuscules fourmis tueuses, qui me crachent leur acide sur mes pieds. Je me lève d’un bond, les chasse en gesticulant dans tous les sens. Les gens sourient en me regardant m’agiter dans tous les sens. Je comprends pourquoi personne n’était assis là. Céline et Isa se dirigent vers moi et se demandent ce qui m’arrive. « Est-elle en transe après une trop longue méditation au soleil ? » Rien de tout ça. Les pieds me brûlent. Je les regarde de plus près et j’aperçois une sorte d’urticaire. C’est horrible, mes pieds vont enfler. Je vais avoir les mêmes que ceux d’un éléphant. Pas vraiment l’idéal pour enfiler les tongs ! Ça me gratte. Ne pas y penser ! Ne pas y penser ! Prions ! Quelques minutes plus tard, les plaques disparaissent, je suis sauvée ! Ganesh m’a sauvé !

 Le restau du soir est une pure merveille. Pas cher, copieux et super bon. De plus, le serveur est des plus aimables. Selva n’a pas voulu venir manger avec nous. Cela doit être un peu mal vu un homme seul avec trois femmes européennes. J’en sais rien en fait. Il y a tellement de codes, de traditions, de règles qui sévissent ici, connus de tous sauf de moi ! Le repas est tellement copieux que nous n’en mangeons que la moitié. Le serveur est désespéré. Il veut nous faire des paquets pour les emporter. Il est tout déçu, il croit qu’on n’aime pas ce qu’il nous a si gentiment amené. Gênées, on lui laisse un pourboire généreux. Dehors, notre chauffeur nous attend. Pas besoin de se risquer à traverser la chaussée, il vient nous prendre, nous ouvre les portières et les referme derrière nous…de vraies princesses ! Attention à ne pas trop prendre le goût du luxe, si non, une fois de retour en France, nous risquons d’attendre un moment devant nos voitures respectives !

Par fanny marques - Publié dans : madeinindia
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