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Dimanche 8 janvier 2006

The last day

 C’est une journée marathon qui nous attend aujourd’hui. Le plan dans les mains sur lequel est noté toutes les boutiques incontournables, la course aux souvenirs commence. Au passage faut récupérer les photos, amener des roupees à l’association Pondy – école, acheter des cadeaux pour Yves et Florence et bien sûr ceux pour la famille. Isa doit même encore poster quelques cartes. On fait une courte pause à midi, juste le temps de manger un morceau et de préparer la valise. Le casse-tête s’engage : comment tout faire rentrer dans les sacs, sans dépasser l’excédent de poids ? Problèmes d’autant plus difficile à résoudre que je n’ai pas fini tous mes achats. Une solution : laisser des choses sur place. Je jette de Kickers qui ont moisi dans le Kérala, je laisse mon livre lu durant le séjour dans une boutique…mais ce n’est pas suffisant.

 A 15H00, on repart en rickshaw. Un petit tour par le marché. Isa achète un pot de chambre en plastique pour transporter des mangues. 3 kg à porter à bout de bras, je lui souhaite bon courage.

 

 

Sur le marché, j’en prends plein la vue et le nez : scènes insolites, odeurs d’épices et poissons mélangées, bric à brac de tous  les côtés, le bruit…je sais que demain, dans les interminables couloirs de Roissy, tout sera déjà loin ! Je suis toujours autant fascinée qu’aux premiers jours, mais l’angoisse s’est envolée. Je suis détendue et j’essaie de profiter de tout ce que je vois autour de moi.

 Les boutiques s’enchaînent. Je compte les derniers roupees et fais des calculs en permanence pour être sûre de tout dépenser, sans en manquer. Dernière étape : Fabindia. Ce fut notre première boutique et nos premiers achats, ce sera aussi la dernière du séjour. La boucle est bouclée. Isa et moi nous faisons un sacré remue-ménage. On touche à tout, on prend, on déplie, on repose…1heure après, on n’est toujours pas décidées, mais faut y aller. Passage à la caisse, je paie en CB puis je pars dans une autre boutique, en demandant à Isa de me rejoindre dès qu’elle aura fini. Malheureusement, je me perds dans les rues. Il fait nuit et je mélange tout, ce qui n’est vraiment pas dans mes habitudes puisque j’ai en permanence le GPS branché dans ma boîte crânienne. Pendant ce temps, Isa me court après. Elle finit par me retrouver devant le Santsaga. Elle m’explique que je suis partie sans signer le ticket de carte bleue et que les vendeurs de Fabindia détiennent ses achats en otage. Alors, on repart pour la boutique en question. On marche, on marche, on marche…une signature, les achats sous les bras, je rends les armes et je rentre chez Florence. Il me manque encore des cadeaux et je n’ai pas eu les housses de coussins que je souhaitais. Tant pis, je suis épuisée.  

 

 19H30 – retour rue Romain Rolland. Juste le temps de se doucher, de boucler les valises et de manger un morceau. Puis, l’heure approche. Je suis prête à partir. J’aimerai que le temps s’accélère un poil. Tout le monde est assis dans le séjour. Luc joue de la guitare et Johan chante. Je souris et essaie de dissimuler ma peine. J’aurai plein de choses à dire, des mercis, des sentiments mais rien ne sort. C’est comme si un poulet tandori entier était coincé en travers de ma gorge. Je sens que je vais craquer. J’ose à peine regarder Florence. J’ose à peine penser à demain soir, seule, dans mon appart à Béziers ; sinistre !

 21H04 – le taxi est là, cette fois, et  à l’heure. La sonnette de la porte sonne le glas. Un dernier pipi avant de prendre la route, on charge les bagages dans l’Ambassador et ça y est, c’est le moment de se séparer. Je craque dans les bras de Florence. Assise dans les sièges en cuir de notre taxi, je ne dis rien, le poulet n’est pas descendu. Je regarde une dernière fois les familles indiennes venues prendre le frais le long de l’océan. J’ouvre la fenêtre : je veux respirer encore ces odeurs. Le silence dure une bonne dizaine de minutes. Puis, la pression retombe, je respire un grand coup et commence à parler. Je repasse les moments du séjour dans ma tête, je me dis que je suis très chanceuse d’avoir fait ce voyage, fait toutes ces rencontres, même celle de Ludovic, et je pense déjà à une prochaine destination. J’ai un peu l’impression de parler seule ; on ne peut pas vraiment compter sur Isa pour faire la conversation. Je me rassure …les silences m’angoissent tellement !

 Il ne me reste plus maintenant qu’à reprendre l’avion pour retourner vers Monchezmoi. Et ça, on ne peut pas vraiment dire que ce soit mon fort! L’aventure ne sera terminée qu’une fois que je serai complètement rentée, sans que rien ne manque à l’appel, alors je reste vigilante !

Par fanny marques - Publié dans : madeinindia
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