Mercredi 4 janvier 2006 3 04 /01 /Jan /2006 15:56

9H00 – Je me lève, la maison est calme. Je prends mon petit déjeuner, seule. Ceux qui ont apprécié plus que moi la soirée d’hier, dorment encore. Aujourd’hui, faut en profiter pour mettre un terme à l’opération cartes postales. Il m’en reste 9. 9 communes avec Isa – donc il faut qu’elle s’y mette aussi. On investit la table de la salle à manger. Tiens celle-ci est jolie,  alors ça sera pour …Celle-là est moins top, on n’a qu’à l’envoyer à machin, Ok ? ok ! Le duo est en place et bien huilé : j’écris la carte pendant qu’Isa prépare les enveloppes. Puis, elle signe et glisse la carte dans l’enveloppe pendant que moi, je raye le nom du destinataire sur notre liste commune. En 1 heure, c’est bouclé ! 27 cartes au total pour moi : un record, je crois ? Mais tout le monde en France doit savoir à quel point en Inde, je rayonne !

 Maintenant, direction la Poste. On enfourche le scooter d’Yves et l’on fonce en klaxonnant à chaque intersection. 3 semaines ici, ça forge la conduite. Obligées de s’adapter et c’est plutôt rigolo. Je maîtrise…enfin, sauf quand je prends les intersections à contresens, conduite à gauche oblige ! Je ne sais pas si ce style de conduite serait apprécié à Béziers ? A Paris peut-être ou en Italie ? A Nîmes, c’est sûr !

 12H30 – On arrive au comptoir de la Poste. Je fais la queue, comme à l’ambassade, j’ai bien retenu la leçon. Je sais que ça va être long, alors patience, adaptons la zénitude indienne. Sauf que là, une petite dame âgée me dépasse et s’incruste ouvertement devant moi ! Elle a bien vu que j’attendais mais, non, elle s’en fiche et pose tout son courrier sur le comptoir de la postière. ZEN ! Respire ! La colère tu oublieras !...souffle !...Je serre les mâchoires…et je craque ! Faut pas pousser après tout ! Pourquoi faut toujours que les petits vieux passent devant l’air de rien ? Aux caisses des supermarchés ou au rayon fromage, c’est la même chose ! Non ! Il faut que justice soit rendue ! Un coup de coude bien placé, je jette les lettres pardessus les siennes et hop ! Le tour est joué ! Ah ! Ah ! Ah ! On fait moins sa maligne ! Je réclame Haut et Fort mes 24 timbres pour l’étranger et que ça saute ! Je suis servie de suite…elle a vu à qui elle avait à faire ! Reste plus qu’à coller 1 à 1 les timbres, sur les 24 cartes, avec une pâte verdâtre gluante dans laquelle tout le monde a plongé ses doigts, plus ou moins propres…bon, allez, je n’suis plus à ça près. Je dois être immunisée, maintenant, contre toutes les bactéries !

 Opération cartes postales terminée pour moi ! Isa, comme d’habitue est à la bourre et, comme d’habitude, elle cherche l’adresse de tata Paulette.

 16H00 – Je pars seule à la plage, short, tee-shirt et tongs aux pieds, une vraie touriste européenne. Seulement pour aller à la plage en partant de chez Florence à pieds, c’est une véritable expédition. En effet, sur 200 mètres, il faut marcher sur une digue  faite de gros rochers noirs brûlants, parsemés de grottes des habitants de Pondy venus chercher ici, une chasse d’eau des plus naturelles. Fatalement, la tong en plastique bien lâche sur le dessus du pied, c’ n’est pas l’idéal dans ce genre d’exercice. Dès le départ, je marche dans une évacuation d’eaux usées. La tong s’enfonce, reste collée bien au fond alors que mon pied nu ressort recouvert d’une substance nauséabonde. Dignement, j’essaie d’aller récupérer la chaussure submergée, sous le regard incrédule et amusé des passants. Cendrillon en prend un coup mais se relève et repart, oubliant toute dignité, rejoindre les autres.

 J’aperçois au loin David et Johan qui surfent et Martine et Céline qui sautent dans les vagues. Le public est au rendez-vous ; de jeunes indiens sont installés sur la digue et s’amusent de voir ses drôles d’européens faire mumuse dans l’océan.  Je pars donc les rejoindre mais les tongs se tordent et je manque par deux fois, de m’écraser contre un rocher. Je décide donc de faire le chemin pieds nus ! Alors, faut pas traîner, les rochers sont bouillants. Tel un fakir, je marche sur la braise, oubliant la douleur.

 J’arrive à la petite plage. Je m’empresse de sauter dans l’eau. Une fumée blanche s’élève au dessus de mes pieds ! Ouf ! Je respire ! L’eau, j’en rêvais depuis le réveil matinal! Ici, à Pondy, la chaleur en août est écrasante. L’océan est le meilleur moyen de se rafraîchir ! Je nage, je plonge dans les vagues pour éviter qu’elles m’écrasent et je reprends mon souffle avant de replonger à nouveau. Une vraie gamine, j’adore ça. Pour éviter la cohue des premières baignades du séjour, cette fois, j’ai gardé le bermuda et le tee-shirt. Ça colle un peu ; tant pis. Quelques jeunes s’approchent mais comme je vais au large, ils renoncent.

 Johan fait du surf. Je meurs d’envie d’essayer, je n’ose pas le lui demander ! Pauvre idiote ! Céline s’aperçoit que je le regarde faire, avec des yeux de cooker battu, alors elle me pousse pour que je le lui demande. ET bien sûr, il n’y a aucun problème. 2, 3 explications et voilà que j’ai mes premières sensations de glisse. A plat ventre pour commencer : Génial, j’adore ! J’essaie plusieurs fois, je vais même jusqu’à poser le genou dessus. J’y passerai un temps fou jusqu’à j’y arrive, je me connais mais au bout d’un moment, je dois rendre le joujou car ce soir, nous allons au ciné et l’heure approche.

 Céline, Martine et moi, nous rentrons à pieds, nos habits trempés. Avec ma taille et mon bob, je passe encore moins inaperçue, mais ce n’est pas grave. Il y a 2 semaines en arrière, jamais je n’aurai jamais fait ça. Les regards qui me paralysaient avant, m’amusent maintenant. C’est normal que je suscite l’étonnement, je suis si différente. Il n’y a rien de méchant dans leur regard, juste de l’amusement. C’est étrange comme on s’adapte, c’est dommage qu’il faille déjà partir.

 

 L'affiche du film:

 18H30 – Séance de ciné = 25 roupees l’entrée. Dans la salle, nous sommes les seuls européens. Le film commence direct : musique, chants, chorégraphies, amour, traditions, violence…tous les ingrédients sont là pour plaire au public de 0 à 77 ans. La salle est bien remplie. Les familles viennent au complet, on entend quelques bébés pleurer. Le son du film est super super fort ! J’aurai dû prendre mes bouchons comme en concert.

 

 

 

 

 

 

A l’entracte, Céline et David se réveillent. Ils croient que c’est la fin du film. Lorsque je leur annonce qu’il reste encore 2H00 de film, ils craquent et rentrent rue Romain Rolland. Isa et moi, nous restons. J’avoue que j’aime bien, surtout les parties musicales, c’est un peu kitch, c’est vrai mais quelques fois, c’est super moderne ; le mélange qui est intéressant. Les transitions sont maladroites, c’est ce qui a du charme. Le film est en tamoul, cependant, vu la simplicité du scénario, on n’a pas trop de mal à suivre. Au total le film a duré 3 heures. A la fin de la séance, j’ai les fesses dans le même état qu’après 1 heure de bus.

 Chez Yves et Florence, la soirée est calme. Je pense déjà au retour, seule dans mon appart à Béziers, mercredi soir ; c’est sûr, ça va être la grosse déprime. Faut que je m’y prépare, en y pensant le moins possible et en profitant un maximum du temps qu’il me reste. 

Par fanny marques - Publié dans : madeinindia
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Retour à l'accueil

Calendrier

Mai 2012
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Recherche

Recommander

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus