Made in India
Réveil…humide : il faut vraiment changer d’hôtel celui-ci est vraiment trop crade. Je suis sûre qu’on a attrapé des bêtes sur tout le corps, ça me gratte ! Plus j’y pense et plus ça me gratte…vite, tirons nous d’ici. On va d’abord déjeuner. Essayer de trouver un véritable café.
On se balade sur le port de Fort Cochin. Les pêcheurs démêlent leurs filets. Ils sont tout heureux de montrer leur travail. L’étal de poisson et de gambas ultra frais donne envie d’en manger, même à 9H00 du matin. Il règne une ambiance chaleureuse et plein de vie. En plus, il fait soleil…La journée commence bien mais où est l’ami Ricoré ?
On se rend au Kashi Art Café, un endroit hyper banché où l’on croise tous les européens en vacances et en manque de café noir. Les gâteaux sont faits maison et le café garanti vrai café pas trop dilué. Pour être sûre de ne pas boire de l’eau aromatisée au café, on commande trois expresso…et en effet, ils n’ont pas menti, le café est tellement fort, qu’on ne peut pas le boire :faudrait savoir ce que vous voulez les filles ?
De retour de notre balade matinale, la décision est prise, nous changeons d’hôtel. Nous retournons vers notre premier choix de la veille : Chiramel Residency. C’est une superbe résidence datant de l’époque coloniale portugaise, toute en bois, super classe, avec une salle de bain et de l’eau chaude. Y a même du papier toilette ! Malheureusement, la chambre n’est pas encore disponible car il y a des travaux. Nous supplions la propriétaire des lieux. A force de cris et de pleurs, elle renonce et nous propose une chambre. Nous l’aurons que ce soir, mais c’est promis, elle nous la garde. Séchons nos larmes et partons visiter Fort Cochin.
Direction le quartier juif pour 11 roupees : Céline est trop forte pour négocier les tarifs de rickshaws. Le chauffeur est super gentil, il nous amène visiter des entrepôts de gingembre. Il nous dépose devant des magasins de luxe, alors qu’on ne lui a rien demandé. Une fois entrées dans la boutique, les vendeurs nous sautent dessus, seulement, nous ne cédons pas, nous ne voulons rien acheter surtout à ces prix là. Nous tout ce qu’on veut c’est visiter des monuments. On finit par y arriver : le Dutch Palace et ses fresques sur les pouvoirs étonnants et la souplesse extraordinaire de Krishna …intéressant ce qu’il peut faire à lui tout seul sur une dizaine de femmes qui s’agitent autour de lui…quelle imagination ! Nous visitons aussi la synagogue et des petites rues très animées du quartier juif avec plein d’attrape touristes mais nous résistons très bien. Attention, il ne faut pas louper l’heure car ce soir, enfin, pour une fois, nous sommes de sortie. La soirée commence à 17 H et devrait finir vers 20H00…pas de quoi s’emballer, c’n’est pas le réveillon.
17H00- on a réservé les sièges 1, 2 et 3. On arrive pile à l’heure indiquée sur le ticket. On entre dans la salle de spectacle…nous sommes les premières. Un premier danseur arrive et commence à se maquiller. Il repart. Nous sommes à nouveau seule dans la pièce. Soudain, 2 personnes arrivent…Ouai ! Puis petit à petit, la salle commence à se remplir. A nouveau nous croisons les mêmes personnes rencontrées le matin même au Kashi Art Café. Prise d’un soudain esprit de déduction, je pense que nous suivons le même circuit touristique. A moins qu’ils nous suivent. Ce sont peut-être des policiers déguisés qui nous surveillent, ils savent que je suis en possession de deux passeports et deux visas, et ils pensent que j’en fais un commerce. Je vais finir comme Bridget au fond d’une cellule. Midnight express en Inde ! Mais, non, je m’emballe. Le danseur revient. Il s’est démaquillé. Il a dû se tromper de personnage ? Un autre danseur arrive et commence aussi à se maquiller. Puis un troisième et un retardataire. Ils sont quatre au total, plus de percussionniste et un chanteur. 1 H 30 pour se préparer, la transformation est radicale.
18H30, le spectacle commence par des explications et des démonstrations pour être sûr qu’on comprenne ce qu’il va se passer. Heureusement d’ailleurs car dès les premières chorégraphies, c’est assez étrange et compliqué le Kathakali ! C’est une danse folklorique ou traditionnelle ou religieuse ou les trois à la fois, typique du Kérala. Chaque mouvement signifie un mot et le tout raconte une histoire dont les héros sont des dieux. Aujourd’hui, les héros sont Shiva et Parvati. Je suis incollable sur eux maintenant, du moins j’en sais plu qu’au début du séjour. Faut dire que je ne connaissais rien de la religion hindou alors c’est sûr que je ne pouvais que progresser.
20H30, retour à la maison. Prenons un rickshaw. Encore mieux que d’habitude, on en trouve un de gratuit. Naïves, on ne sent pas les plans foireux. En chemin, il s’arrête et nous demande si l’une d’entre nous veut conduire…Céline se lance. Dégager la route, faites place ! Permis de rickshaw accordé. C’est au tour d’Isabelle qui s’empresse de rejoindre notre moniteur à l’avant du véhicule. Trop d’enthousiasme, elle manque de rentrer dans un taxi qui est en stationnement sur le bas de la chaussée : recalée ! Faudra encore quelques heures de conduite. Au moment de partir, le coup foireux arrive. Notre moniteur, qui a par ailleurs une haleine imbibée d’alcool commence à nous raconter que si on va dans un certains magasin, même si on achète rien, lui, il recevra un tee-shirt offert pour la boutique. Ah ! C’est donc ça l’arrêt de ce matin ! Toute personne normalement constituée avec un raisonnement minime, aurait refusé. Bien, pas moi et en plus, j’entraîne les autres avec moi ! Arrivées dans la boutique, on nous saute à la gorge. Le vendeur de bijoux est légèrement agressif dans sa façon de vendre. Lorsque nous voulons sortir, nous avons du mal à nous en débarrasser ! On finit par s’extirper de la boutique. Le moniteur nous ramène à la résidence. Il nous dépose et nous demande de l’argent alors qu’on vient de lui rendre service et qu’il nous avait annoncé le contraire. C’en est trop ! Je refuse fermement. NO ! Les filles sont fières de moi.
De retour dans notre chambre, tout est merveilleux, surtout par rapport à l’hôtel miteux de la veille…le paradis, le rayonnement est à son paroxysme. La nuit sera bonne, courte mais bonne, surtout après une douche chaude : Ah, un peu de luxe de temps en temps ne fait pas de mal !
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