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Tout ici est vrai ! sans trucage !

Cela s'est passé durant l'été 2005, au cours de voyage plein d'aventures, 

 sur les routes d'Inde du Sud 

Bonne lecture et surtout pensez à me laisser vos commentaires...

MADE IN INDIA

Mercredi 4 janvier 2006 3 04 /01 /Jan /2006 15:56

9H00 – Je me lève, la maison est calme. Je prends mon petit déjeuner, seule. Ceux qui ont apprécié plus que moi la soirée d’hier, dorment encore. Aujourd’hui, faut en profiter pour mettre un terme à l’opération cartes postales. Il m’en reste 9. 9 communes avec Isa – donc il faut qu’elle s’y mette aussi. On investit la table de la salle à manger. Tiens celle-ci est jolie,  alors ça sera pour …Celle-là est moins top, on n’a qu’à l’envoyer à machin, Ok ? ok ! Le duo est en place et bien huilé : j’écris la carte pendant qu’Isa prépare les enveloppes. Puis, elle signe et glisse la carte dans l’enveloppe pendant que moi, je raye le nom du destinataire sur notre liste commune. En 1 heure, c’est bouclé ! 27 cartes au total pour moi : un record, je crois ? Mais tout le monde en France doit savoir à quel point en Inde, je rayonne !

 Maintenant, direction la Poste. On enfourche le scooter d’Yves et l’on fonce en klaxonnant à chaque intersection. 3 semaines ici, ça forge la conduite. Obligées de s’adapter et c’est plutôt rigolo. Je maîtrise…enfin, sauf quand je prends les intersections à contresens, conduite à gauche oblige ! Je ne sais pas si ce style de conduite serait apprécié à Béziers ? A Paris peut-être ou en Italie ? A Nîmes, c’est sûr !

 12H30 – On arrive au comptoir de la Poste. Je fais la queue, comme à l’ambassade, j’ai bien retenu la leçon. Je sais que ça va être long, alors patience, adaptons la zénitude indienne. Sauf que là, une petite dame âgée me dépasse et s’incruste ouvertement devant moi ! Elle a bien vu que j’attendais mais, non, elle s’en fiche et pose tout son courrier sur le comptoir de la postière. ZEN ! Respire ! La colère tu oublieras !...souffle !...Je serre les mâchoires…et je craque ! Faut pas pousser après tout ! Pourquoi faut toujours que les petits vieux passent devant l’air de rien ? Aux caisses des supermarchés ou au rayon fromage, c’est la même chose ! Non ! Il faut que justice soit rendue ! Un coup de coude bien placé, je jette les lettres pardessus les siennes et hop ! Le tour est joué ! Ah ! Ah ! Ah ! On fait moins sa maligne ! Je réclame Haut et Fort mes 24 timbres pour l’étranger et que ça saute ! Je suis servie de suite…elle a vu à qui elle avait à faire ! Reste plus qu’à coller 1 à 1 les timbres, sur les 24 cartes, avec une pâte verdâtre gluante dans laquelle tout le monde a plongé ses doigts, plus ou moins propres…bon, allez, je n’suis plus à ça près. Je dois être immunisée, maintenant, contre toutes les bactéries !

 Opération cartes postales terminée pour moi ! Isa, comme d’habitue est à la bourre et, comme d’habitude, elle cherche l’adresse de tata Paulette.

 16H00 – Je pars seule à la plage, short, tee-shirt et tongs aux pieds, une vraie touriste européenne. Seulement pour aller à la plage en partant de chez Florence à pieds, c’est une véritable expédition. En effet, sur 200 mètres, il faut marcher sur une digue  faite de gros rochers noirs brûlants, parsemés de grottes des habitants de Pondy venus chercher ici, une chasse d’eau des plus naturelles. Fatalement, la tong en plastique bien lâche sur le dessus du pied, c’ n’est pas l’idéal dans ce genre d’exercice. Dès le départ, je marche dans une évacuation d’eaux usées. La tong s’enfonce, reste collée bien au fond alors que mon pied nu ressort recouvert d’une substance nauséabonde. Dignement, j’essaie d’aller récupérer la chaussure submergée, sous le regard incrédule et amusé des passants. Cendrillon en prend un coup mais se relève et repart, oubliant toute dignité, rejoindre les autres.

 J’aperçois au loin David et Johan qui surfent et Martine et Céline qui sautent dans les vagues. Le public est au rendez-vous ; de jeunes indiens sont installés sur la digue et s’amusent de voir ses drôles d’européens faire mumuse dans l’océan.  Je pars donc les rejoindre mais les tongs se tordent et je manque par deux fois, de m’écraser contre un rocher. Je décide donc de faire le chemin pieds nus ! Alors, faut pas traîner, les rochers sont bouillants. Tel un fakir, je marche sur la braise, oubliant la douleur.

 J’arrive à la petite plage. Je m’empresse de sauter dans l’eau. Une fumée blanche s’élève au dessus de mes pieds ! Ouf ! Je respire ! L’eau, j’en rêvais depuis le réveil matinal! Ici, à Pondy, la chaleur en août est écrasante. L’océan est le meilleur moyen de se rafraîchir ! Je nage, je plonge dans les vagues pour éviter qu’elles m’écrasent et je reprends mon souffle avant de replonger à nouveau. Une vraie gamine, j’adore ça. Pour éviter la cohue des premières baignades du séjour, cette fois, j’ai gardé le bermuda et le tee-shirt. Ça colle un peu ; tant pis. Quelques jeunes s’approchent mais comme je vais au large, ils renoncent.

 Johan fait du surf. Je meurs d’envie d’essayer, je n’ose pas le lui demander ! Pauvre idiote ! Céline s’aperçoit que je le regarde faire, avec des yeux de cooker battu, alors elle me pousse pour que je le lui demande. ET bien sûr, il n’y a aucun problème. 2, 3 explications et voilà que j’ai mes premières sensations de glisse. A plat ventre pour commencer : Génial, j’adore ! J’essaie plusieurs fois, je vais même jusqu’à poser le genou dessus. J’y passerai un temps fou jusqu’à j’y arrive, je me connais mais au bout d’un moment, je dois rendre le joujou car ce soir, nous allons au ciné et l’heure approche.

 Céline, Martine et moi, nous rentrons à pieds, nos habits trempés. Avec ma taille et mon bob, je passe encore moins inaperçue, mais ce n’est pas grave. Il y a 2 semaines en arrière, jamais je n’aurai jamais fait ça. Les regards qui me paralysaient avant, m’amusent maintenant. C’est normal que je suscite l’étonnement, je suis si différente. Il n’y a rien de méchant dans leur regard, juste de l’amusement. C’est étrange comme on s’adapte, c’est dommage qu’il faille déjà partir.

 

 L'affiche du film:

 18H30 – Séance de ciné = 25 roupees l’entrée. Dans la salle, nous sommes les seuls européens. Le film commence direct : musique, chants, chorégraphies, amour, traditions, violence…tous les ingrédients sont là pour plaire au public de 0 à 77 ans. La salle est bien remplie. Les familles viennent au complet, on entend quelques bébés pleurer. Le son du film est super super fort ! J’aurai dû prendre mes bouchons comme en concert.

 

 

 

 

 

 

A l’entracte, Céline et David se réveillent. Ils croient que c’est la fin du film. Lorsque je leur annonce qu’il reste encore 2H00 de film, ils craquent et rentrent rue Romain Rolland. Isa et moi, nous restons. J’avoue que j’aime bien, surtout les parties musicales, c’est un peu kitch, c’est vrai mais quelques fois, c’est super moderne ; le mélange qui est intéressant. Les transitions sont maladroites, c’est ce qui a du charme. Le film est en tamoul, cependant, vu la simplicité du scénario, on n’a pas trop de mal à suivre. Au total le film a duré 3 heures. A la fin de la séance, j’ai les fesses dans le même état qu’après 1 heure de bus.

 Chez Yves et Florence, la soirée est calme. Je pense déjà au retour, seule dans mon appart à Béziers, mercredi soir ; c’est sûr, ça va être la grosse déprime. Faut que je m’y prépare, en y pensant le moins possible et en profitant un maximum du temps qu’il me reste. 

Par fanny marques - Publié dans : madeinindia
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Mercredi 4 janvier 2006 3 04 /01 /Jan /2006 15:55

9H30, le train entre en gare de Madras ou Chennai. Ça fourmille de monde. Dans la rue idem. Le taxi qui nous amène à Pondy met 1H15 pour sortir de la ville. Pour une fois, nous n’avons pas droit à un ambassador mais à une espèce de fourgonnette aux sièges en simili cuir, idéal pour éliminer les calories lorsque vous n’avez pas de clim et qu’il fait 40° degrés dehors. Je fonds comme du beurre. Nous empruntons la route qui longe la côte touchée de plein fouet en décembre dernier par le tsunami. Des villages de pêcheurs flambant neuf sont alignés au bord de la route. Village ? Ça ressemble plus à des baraquements d’un camp de réfugiés qu’à un village. C’est un sentiment étrange de regarder cette côte, de penser aux 80 000 victimes et de voir en même temps, la vie reprendre le dessus, du moins en apparence. Le traumatisme doit être grand, mais difficile de le savoir ; toujours ces problèmes de communication.

 13H15 – On arrive enfin à Pondy, complètement déshydratées. En moins d’un quart d’heure, je descends 1 litre d’eau minérale. On grignote tout en avalant un vrai café fait de frais par Yves qui est aux petits soins pour nous, puis nous voilà parties pour faire du shopping. Bon, au départ, je préférais aller à la plage mais ma proposition a été rejetée. Alors, allons faire du shopping ; et c’est toujours moi qui dépense.

 Le soir, nous allons tous à l’inauguration d’un magasin d’une amie de Florence. Toute la communauté française de Pondy semble être réunie pour l’occasion ; drôle d’ambiance ? Heureusement, Luc, le fils de Florence, fait un petit concert guitare voix avec deux de ses amis, ça détend l’atmosphère, du moins mon malaise.

 

 

Vers 21H, nous retournons rue Romain Rolland pour dîner. A côté les voisins fêtent le départ de chez plus trop qui, qui part je n’sais plus trop où. Nous irons finir la soirée là-bas. Moi, je n’suis pas trop emballée mais j’y vais. Florence préfère rester à la maison. Lorsque je mets un premier pas à la fête où nous pouvons rentrés grâce à notre couleur de peau, je comprends que j’aurai dû rester avec elle. Bien sûr, nous retrouvons les mêmes gens qu’au magasin de tout à l’heure. Il y a un bar, un DJ indien qui passe les tubes de variétés françaises, des lumières digne d’une soirée de réveillon, mais où sont les cotillons ? Quelques indiens sont là et assurent le service. Il est revenu le temps des colonies ? Certains invités semblent s’amuser, d’autres montrent clairement un ennui profond mais ils restent là, pourquoi ? Mystère ! D’ailleurs qu’est-ce que je fais là, moi aussi ? Personne ne fait l’effort de se parler, peut-être se connaissent-ils trop ? Eh ! Moi, je suis nouvelle, alors vous venez, on va discuter ? Bof, je n’ai moi même pas vraiment envie de faire l’effort, y a comme quelque chose qui m’en empêche. Un malaise ? Quelqu’un s’approche pour me parler. Chouette, je vais, c’est sûr, moins me sentir seule. Dès que je lui réponds, il commence par se moquer de mon accent du sud, le genre de truc qui ne vous donne pas envie de continuer la conversation. C’est décider, je me casse et je rentre me coucher : j’ai tenu 20 minutes, un record.

 

Par fanny marques - Publié dans : madeinindia
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Mercredi 4 janvier 2006 3 04 /01 /Jan /2006 15:01

Réveil matinal car nous partons en excursion en pirogue. Mais… il pleut! Pas tout le temps ; un coup c’est le déluge, un coup ça s’arrête, un coup c’est le déluge, un coup ça s’arrête…et ce, toute la matinée. Bref, les tongs en plastique sont de rigueur, ainsi que le parapluie acheté à Trivandrum. Le pantalon moisi remonté jusqu’aux genoux, le kway banane pour Isa, le poncho pour Céline, nous sommes prêtes à affronter les éléments sauf que la tong, ça s’enlève et ça flotte facilement. Isa en fait par trois fois les frais. De nouveau, elle fait sa cendrillon, tout ça pour que notre gondolier au regard de braise la remarque ! Ebloui par le rayonnement cosmique de Sri Isabella, le pauvre gondolier tombe à l’eau. Il remonte péniblement sur la barque, le sourire honteux. 

 

 

 Nous continuons notre balade, sous la pluie. Les fortes pluies font déborder les canaux et l’eau arrive aux portes des maisons. Chaque habitant, humain ou animal, se réfugie sur les moindres petits espaces secs. A chaque descente de notre embarcation, il faut faire preuve d’un grand sens de l’équilibre pour ne pas se retrouver les fesses dans l’eau. Les tongs ne sont vraiment pas adaptés, mieux vaut marcher pieds nus comme tout le monde. Le gondolier nous amène goûter des noix de coco fraîche. Chouette ! Et comme la dernière fois, j’en conclus que c’est pas bon…du moins, j’aime pas ça. Isabelle et Céline sont de mon avis. Mais comment faire pour s’en débarrasser sans les vexer. Discrètement, j’essaie de vider la mienne derrière mon dos. Mais, difficile de se cacher car tous les yeux sont tournés vers ces trois blondes blanches aux drôles d’habits dégoulinants. Je me force un peu…gloup ! Ça ne veut pas passer ! Encore un petit effort ! Y a rien à faire, je n’aime pas ça, je crois que je vais vomir…

 

 

Vers midi, nous retrouvons notre taxi. Trempées jusqu’aux os, seules nos langues sont sèches. Il nous ramène à Fort Cochin. Je monte à l’avant du véhicule et je croise par deux fois la mort en face ! Je finis tout de même par m’endormir.  Soudain, je me réveille, faut appeler Florence. Je fais part de mes inquiétudes aux filles. Elles sont de mon avis. Il faut trouver un moyen pour la joindre rapidement car c’est demain que nous revenons à Madras ! Ah, un point phone, génial ! Céline compose le numéro. Ça ne répond pas ! Elle essaie une deuxième fois, toujours rien ! Angoisse ! Vérifions le numéro. Ah, on s’est trompées, normal ! Cette fois c’est la bonne. Le téléphone sonne, florence décroche, dans quelques secondes nous allons connaître le verdict…

« Tu connais l’adresse de GAP à Madras ? »

La question était vraiment trop urgente ! Quand le superficiel vous rattrape…Nous venons de traverser des villages où les gens vivent avec trois fois rien et nous, notre première interrogation, c’est de connaître l’adresse d’un magasin de fringues ! Etrange réaction ! Peut être que ça nous rassure ? Ou alors c’est un simple réflexe, un conditionnement ? Au final, Florence nous indique que c’est à Pondy qu’il y a des boutiques qui vendent des articles GAP. Une fois sur place, bien sûr qu’on y est allées mais on n’a rien acheté ! C’était juste comme ça, pour voir. Ce qui est rassurant, c’est qu’on n’a pas succombé aux sirènes du « C’est moins cher alors faut en profiter ». Face à l’alternative, nous avons préféré opter pour l’achat de produits propres à l’Inde, pour touristes certes, mais différents. Finalement, je m’en fous un peu de porter des fringues de marque ! Je ne sais pas ce qui m’a pris soudainement.

 

Il nous reste 6 heures à  combler avant de rendre à la gare. 6 heures c’est beaucoup, mais en Inde, ça ne laisse pas vraiment le temps de s’éloigner de notre hôtel car on ne peut jamais être sûr du temps qu’il nous faudra pour revenir. Que faire alors ?

1-     D’abord, allons manger et testons aujourd’hui le pire restau du séjour, cracra et dégueulasse qui nous rendra toutes malade. Ça y est, ça s’est fait !

2-    Se rendre au musée Indo portugais : 3 salles sur des reliques d’églises. temps de la visite 20 minutes et encore, sans trop se presser !

3-    Revenir à pieds jusqu’à la résidence. Mais pas de chance, c’est juste à côté ! Allons nous doucher. Mais là aussi nous jouons de malchance. Notre chambre a déjà été louée. Les patrons s’excuse et nous propose de nous doucher dans une cabane au fond du jardin entourée par les ouvriers qui font des travaux de plomberie dans la résidence. Bon, qui commence ? ça va nous occuper un moment.

4-    Ecrire des cartes postales. J’en suis à 19, Isa 7. Je la bats à plate couture. Il m’en manque plus que 9 alors que elle doit encore en écrire 22. Ce n’est pas gagné…Plus que 6 jours pour tout boucler !

5-    remplir ce carnet de voyage. ça occupe un moment mis il reste encore du temps alors je me repose après la matinée de ce matin, j’en ai bien besoin. Mais surtout, il ne faut que je m’endorme car je dois garder des activités sous le coude pour les 14 heures de train qui nous attendent. Soudain, à cause du numéro 1, j’ai faim…c’était tellement crade que venant à peine de finir mes ennuis gastriques, j’ai préféré ne pas prendre de risques et je n’ai rien avalé.

20H15 – On monte dans le train qui nous ramène à Madras. Les places sont numérotées. Nous cherchons les notre lorsqu’on s’aperçoit qu’un homme dodu vêtu de blanc s’est déjà installé sur notre banquette. Il a ouvert son lit et posé ses draps et ses affaires dessus. L’homme ne semble pas comprendre ce qu’on lui dit. Pourtant, nos gestes sont précis et n’importe quel crétin comprendrait que l’on souhaite récupérer nos places ! Mais lui, non ! Je crois qu’il se fout légèrement de nous…Il est accompagné d’un petit bonhomme qui semble désolé pour nous. Il écoute attentivement le gros monsieur en blanc et cède à toutes ses requêtes. Je crois que c’est son serviteur et que l’homme en blanc est un brahmane, la caste la plus élevée de la hiérarchie hindouiste. Petit à petit tout le monde s’installe pour dormir.  Les lumières s’éteignent une à une. Il va falloir nous aussi se rendre à l’évidence, il est temps d’aller se brosser les dents. Problème : nous n’avons pas d’eau potable et les vendeurs du wagon ne passent plus à cette heure là. Il est 21H30. Face à nos banquettes, côté fenêtres, un homme nous propose sa bouteille d’eau minérale. Il porte une épaisse barbe noire et ses cheveux sont enturbannés. C’est un sikh, je l’ai lu dans le Futé.

Les dents blanches et propres, il est l’heure de se coucher. Je regagne ma couche, sous le gros homme vêtu de blanc. Je sens que le sommeil va être dur à trouver. D’autant plus sur, qu’au bout de quelques minutes, la banquette au dessus de la mienne tremble secouée par des ronflements profonds ! Génial ! Il me reste une dernière pilule relaxante, je l’avale direct. Je mets mon baladeur sur les oreilles et cherche désespérément le sommeil.

 4 H du mat, j’ai des frissons …au bas du ventre…Faut que j’aille faire pipi ! J’essaie de résister mais au bout d’une heure je n’y tiens plus. Aller aux toilettes du train durant la nuit c’est un peu mission impossible. Il faut éviter les chutes, chercher à tâtons son chemin, mener son investigation jusqu’à son terme…J’y parviens : quel soulagement. Je retourne me coucher mais voilà qu’une heure plus tard, je suis réveillée par une voix tonitruante. J’ouvre péniblement les paupières et je vois, sur moi, deux pieds qui ne m’appartiennent pas. Au bout de ces pieds, il y a l’homme en blanc qui se gratte une partie propre à la gente masculine. Vision d’horreur ! Plus e souffle et je râle sous mon drap, plus il parle fort. Je lui jette le mauvais œil et lui, il éclate de rire. Un rire gras et fort qui réveille tout le wagon. Son serviteur à côté de lui parle doucement. Il semble gêné et je lis dans son regard, des excuses. L’autre, il en a carrément rien à faire, il continue de plus belle et souhaite qu’une chose, que je me lève pour qu’il puisse s’asseoir correctement sur ma banquette. Je résiste là aussi ! Il n’en est pas question, je fais semblant de dormir.

 

8H00- je cède, je suis vaincue, je me lève en sentant que le mal de tête n’est pas loin ! 

Par fanny marques - Publié dans : madeinindia
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Mardi 3 janvier 2006 2 03 /01 /Jan /2006 19:52

Réveil…humide : il faut vraiment changer d’hôtel celui-ci est vraiment trop crade. Je suis sûre qu’on a attrapé des bêtes sur tout le corps, ça me gratte ! Plus j’y pense et plus ça me gratte…vite, tirons nous d’ici. On va d’abord déjeuner. Essayer de trouver un véritable café.

 

On se balade sur le port de Fort Cochin. Les pêcheurs démêlent leurs filets. Ils sont tout heureux de montrer leur travail. L’étal de poisson et de gambas ultra frais donne envie d’en manger, même à 9H00 du matin. Il règne une ambiance chaleureuse et plein de vie. En plus, il fait soleil…La journée commence bien mais où est l’ami Ricoré ?

 

 

On se rend au Kashi Art Café, un endroit hyper banché où l’on croise tous les européens en vacances et en manque de café noir. Les gâteaux sont faits maison et le café garanti vrai café pas trop dilué. Pour être sûre de ne pas boire de l’eau aromatisée au café, on commande trois expresso…et en effet, ils n’ont pas menti, le café est tellement fort, qu’on ne peut pas le boire :faudrait savoir ce que vous voulez les filles ?

 De retour de notre balade matinale, la décision est prise, nous changeons d’hôtel. Nous retournons vers notre premier choix de la veille : Chiramel Residency. C’est une superbe résidence datant de l’époque coloniale portugaise, toute en bois, super classe, avec une salle de bain et de l’eau chaude. Y a même du papier toilette ! Malheureusement, la chambre n’est pas encore disponible car il y a des travaux. Nous supplions la propriétaire des lieux. A force de cris et de pleurs, elle renonce et nous propose une chambre. Nous l’aurons que ce soir, mais c’est promis, elle nous la garde. Séchons nos larmes et partons visiter Fort Cochin.

 Direction le quartier juif pour 11 roupees : Céline est trop forte pour négocier les tarifs de rickshaws. Le chauffeur est super gentil, il nous amène visiter des entrepôts de gingembre. Il nous dépose devant des magasins de luxe, alors qu’on ne lui a rien demandé. Une fois entrées dans la boutique, les vendeurs nous sautent dessus, seulement, nous ne cédons pas, nous ne voulons rien acheter surtout à ces prix là. Nous tout ce qu’on veut c’est visiter des monuments. On finit par y arriver : le Dutch Palace et ses fresques sur les pouvoirs étonnants et la souplesse extraordinaire de Krishna …intéressant ce qu’il peut faire à lui tout seul sur une dizaine de femmes qui s’agitent autour de lui…quelle imagination ! Nous visitons aussi la synagogue et des petites rues très animées du quartier juif avec plein d’attrape touristes mais nous résistons très bien. Attention, il ne faut pas louper l’heure car ce soir, enfin, pour une fois, nous sommes de sortie. La soirée commence à 17 H et devrait finir vers 20H00…pas de quoi s’emballer, c’n’est pas le réveillon.

 17H00- on a réservé les sièges 1, 2 et 3. On arrive pile à l’heure indiquée sur le ticket. On entre dans la salle de spectacle…nous sommes les premières. Un premier danseur arrive et commence à se maquiller. Il repart. Nous sommes à nouveau seule dans la pièce. Soudain, 2 personnes arrivent…Ouai ! Puis petit à petit, la salle commence à se remplir. A nouveau nous croisons les mêmes personnes rencontrées le matin même au Kashi Art Café. Prise d’un soudain esprit de déduction, je pense que nous suivons le même circuit touristique. A moins qu’ils nous suivent. Ce sont peut-être des policiers déguisés qui nous surveillent, ils savent que je suis en possession de deux passeports et deux visas, et ils pensent que j’en fais un commerce. Je vais finir comme Bridget au fond d’une cellule. Midnight express en Inde ! Mais, non, je m’emballe. Le danseur revient. Il s’est démaquillé. Il a dû se tromper de personnage ? Un autre danseur arrive et commence aussi à se maquiller. Puis un troisième et  un retardataire. Ils sont quatre au total, plus de percussionniste et un chanteur. 1 H 30 pour se préparer, la transformation est radicale.

 18H30, le spectacle commence par des explications et des démonstrations pour être sûr qu’on comprenne ce qu’il va se passer. Heureusement d’ailleurs car dès les premières chorégraphies, c’est assez étrange et compliqué le Kathakali ! C’est une danse folklorique ou traditionnelle ou religieuse ou les trois à la fois, typique du Kérala. Chaque mouvement signifie un mot et le tout raconte une histoire dont les héros sont des dieux. Aujourd’hui, les héros sont Shiva et Parvati. Je suis incollable sur eux maintenant, du moins j’en sais plu qu’au début du séjour. Faut dire que je ne connaissais rien de la religion hindou alors c’est sûr que je ne pouvais que progresser.

 20H30, retour à la maison. Prenons un rickshaw. Encore mieux que d’habitude, on en trouve un de gratuit. Naïves, on ne sent pas les plans foireux. En chemin, il s’arrête et nous demande si l’une d’entre nous veut conduire…Céline se lance. Dégager la route, faites place ! Permis de rickshaw accordé. C’est au tour d’Isabelle qui s’empresse de rejoindre notre moniteur à l’avant du véhicule. Trop d’enthousiasme, elle manque de rentrer dans un taxi qui est en stationnement sur le bas de la chaussée : recalée ! Faudra encore quelques heures de conduite. Au moment de partir, le coup foireux arrive. Notre moniteur, qui a par ailleurs une haleine imbibée d’alcool commence à nous raconter que si on va dans un certains magasin, même si on achète rien, lui, il recevra un tee-shirt offert pour la boutique. Ah ! C’est donc ça l’arrêt de ce matin ! Toute personne normalement constituée avec un raisonnement minime, aurait refusé. Bien, pas moi et en plus, j’entraîne les autres avec moi ! Arrivées dans la boutique, on nous saute à la gorge. Le vendeur de bijoux est légèrement agressif dans sa façon de vendre. Lorsque nous voulons sortir, nous avons du mal à nous en débarrasser ! On finit par s’extirper de la boutique. Le moniteur nous ramène à la résidence. Il nous dépose et nous demande de l’argent alors qu’on vient de lui rendre service et qu’il nous avait annoncé le contraire. C’en est trop ! Je refuse fermement. NO ! Les filles sont fières de moi.

 De retour dans notre chambre, tout est merveilleux, surtout par rapport à l’hôtel miteux de la veille…le paradis, le rayonnement est à son paroxysme. La nuit sera bonne, courte mais bonne, surtout après une douche chaude : Ah, un peu de luxe de temps en temps ne fait pas de mal !

 

 

Par fanny marques - Publié dans : madeinindia
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Jeudi 24 novembre 2005 4 24 /11 /Nov /2005 21:30

Sensations fortes dès le matin. Je me douche sous le regard d’une énorme araignée. Je la surveille. Au moindre mouvement, je m’enfuie dans le jardin. Soudain, elle lève une patte. Les murs en paillasse tremblent. J’attrape ma serviette. Pas le temps de me sécher, je sors en courant jusqu’à la chambre, avec pour unique habit, une serviette que je trouve sur le moment plus courte que la veille ?

 10H30- déjeuner dans le salon de Joseph. Le petit bonhomme se déplace en flottant. Tranquille, son visage rayonne et respire la plénitude. Ses pieds effleurent le sol. Il nous regarde et sourit. Il semblerait qu’il nous réserve quelque chose…Lorsqu’on est sur le point de partir, il nous fait signe de le suivre. Puis, il nous tend des petits bouts de papiers griffonnés. Un jeu de piste, il nous propose un jeu de piste…GENIAL, j’adore jouer ! Zou, oublié le Routard, c’est parti !

 1er arrêt : The Latin Church. Notre contact est le « Watchman » qui se tient « near the church ». Sur place, difficile de le trouver. Un homme vêtu d’un uniforme s’approche de moi. Je lui annonce le mot de passe « Watchman », il me comprend et m’amène dans la sacristie. J’entre seule car Isa et Céline cherchent encore de leur côté. Assis à son bureau, un prêtre vêtu d’une soutane blanche, tel un missionnaire échappé du XVI ème siècle, me sourit et m’invite à m’asseoir. Je m’exécute. Il me pose les questions habituelles de présentation puis le silence s’installe. Quelques minutes plus tard, Isa et Céline me rejoignent. Assises toutes les trois face au Father, on attend…on attend qu’il nous parle. Selon, Joseph, le « Watchman » doit nous conduire au sommet du clocher pour y admirer une superbe vue sur Allepey. Mais, lui, il ne dit rien. Je tente de faire la conversation. Les réponses se limitent à Yes or no. Le silence commence à devenir pesant.  On n’ose pas de lever et partir car de temps en temps, il nous regarde et sourit ; il a l’air gentil ! Soudain, il parle :

 « Vous cherchez quoi ? »

The watchman !

Mais, l’homme semble déçu : il n’est pas ce qu’on cherche et nous ne sommes pas non plus ce qu’il attendait, c'est-à-dire trois pauvres européennes venues se confesser ! Désolées ! The father appelle l’homme en uniforme. Ils se parlent. Puis, on comprend qu’il le faut suivre et qu’il ne parle pas un mot d’anglais. Donc, mon explication fastidieuse sur le watchman et le clocher était très appropriée !

On grimpe jusqu’au sommet de la tour. Après 8 heures de bateau, un peu d’exercice physique ne fait pas de mal. En haut, on se rend compte qu’on est au beau milieu d’une forêt tropicale. On domine. Des enfants d’un collège en contrebas répètent une parade militaire…en fait, c’est le cour de gym !

 

 

 2ème arrêt : Beach Near government Hospital

 C’est l’heure de la pose casse-croûte. Isa, toujours téméraire, essaie le dosa massala…immangeable selon elle ; très, très, très épicé. Je préfère rester prudente.

 3ème arrêt : Thumboli Church de là suivre le plan de Joseph pour arriver à la plage secrète.

 On avance pas à pas et on découvre un village de pêcheurs. Et là, soudain, les mots sont difficiles à venir pour retranscrire tout ce que je vois. Les paysages sont paradisiaques, dignes des plus belles cartes postales. Mais l’essentiel n’est pas là. Le plus extraordinaire, c’est l’accueil que l’on nous fait. Les familles nous appellent pour venir visiter leur lieu de vie, voir leur travail, voir les portraits de Jésus qui ornent toutes  les maisons de ce village.

Sans rien leur demander, ils nous offrent des noix de coco, cueillies sous nos yeux.

 

Les enfants demandent des stylos mais, suivant les recommandations du Routard, on ne donne rien ; mieux vaut ne pas créer un besoin. Mais, même si, on ne donne rien, ils nous sourient. Ils veulent qu’on les prenne en photos. Dès qu’on leur montre le résultat sur les écrans numériques, les rires redoublent d’intensité. Les plus petits sont assez effrayés mais les plus grands sont morts de rire. Faut dire qu’avec nos bobs sur la tête, on les amuse beaucoup. Les familles nous font visiter leur maison ; de simple cabane en palmes de coco, avec une pièce pour toute la famille et un coin cuisine, constitué de 2 pierres rectangulaires posées à même le sol. Ils sont fiers de nous montrer comment ils fabriquent les tapis en coco, sur leur métier à tisser. Ils sont fiers, heureux et ne demandent rien en échange. Quel dommage de ne pas pouvoir communiquer davantage ! Savoir comment eux ils nous voient ?

 

 

On repart de là comme envoûtées ! Plus fort que Sri Sri Ravi Shankar, que la balade en dos d’éléphant, plus fort qu’Elvis…j’en ai pris plein les yeux et plein le cœur en quelques heures !

 17H30 – Départ d’Allepey pour Cochin- en BUS…

 18H30- expulsion du bus – en pleine banlieue de Cochin – on se retrouve au beau milieu d’on ne sait où. On doit prendre un autre bus pour se rendre à Fort Cochin. Plein de bus passent sous nos yeux. Certains s’arrêtent 3 secondes, les gens se pressent et sautent en leur sein. Nous, on reste figées…impossible de savoir lequel il nous faut prendre car tout est écrit en langage local. Comme chaque fois, des personnes s’approchent de nous et nous proposent leur aide. Volontiers ! Mais, hélas, il se met à pleuvoir ! C’est à ce moment que le bon bus arrive. Il est déjà bondé. Une bonne vingtaine de personnes veulent y rentrer eux aussi ??? Dur, dur …  « je crois que ça ne va pas être possible ! »

 

 

Je craque : on va prendre un taxi ! Pour 15 km qu’il nous reste…au diable la galère. On s’adresse au premier que l’on croise. On lui demande exactement où on veut aller : « Fort Cochin, résidence Chineray, Lilly Street. Il ne semble pas connaître. Il appelle un ami, qui en appelle un autre, qui en appelle un autre. Une petite cour s’organise autour de nous. Chacun donne son avis. Ils prennent le Routard et étudient le plan. Ils ne sont pas d’accord. Ils discutent, débattent, le ton monte, tout ça sous la pluie. Isa commence à bouillir. Il fait nuit, le bruit de la route nous étourdit. Tout le monde parle en même temps. Isa prend les choses en main. Elle arrache le guide du Routard des mains d’un membre de l’assemblée. Elle se plante devant le chauffeur et ordonne : «  FORT COCHIN NOW ! LET’ S GO ! »

 Elle part aussi sec vers le taxi, d’un pas ferme et décidé. Elle fonce. Elle n’a peur de rien. Même pas d’une flaque d’eau. Elle ne l’enjambe pas, non ! Elle marche en plein dedans. Aussitôt, sa tong semble être aspirée par la flaque boueuse. Isa continue à avancer, mais sa tong, elle, reste et flotte à la surface. Isa se retrouve le pied nu, pataugeant dans la boue. Notre cour de guides admire la scène, ils se regardent sans rien dire puis ils pouffent de rire. Céline et moi, on ne peut pas se retenir et à notre tour, on se joue du ridicule de la scène et de la démonstration d’autorité d’Isa. C’est un peu comme si en classe, un prof qui vient juste de piquer une grosse colère après ses élèves, se vautre de l’estrade …

 On arrive à la résidence et c’est …complet ! Du coup, on se reporte sur notre deuxième choix : Park Avenue Hotel. Le nom a de la gueule, l’intérieur moins. C’est un peu cracra, sans eau chaude, sans vitre aux fenêtres, donnant sur une rue qui dès l’aube sera très animée. Pour la douche, le garçon d’étage nous monte un seau d’eau bouillante. Il le pose à l’entrée et repart. 5 minutes après, la chambre est inondée : le seau est percé. Posé sur un tapis, il le décolore aussitôt. Du coup, une flaque de couleur rose envahit la pièce. Il est temps d’éponger.

 On sort pour dîner. On ne peut pas dire que les rues soient très animées. C’est le calme plat. Le restau est au bout de la rue. Pour une fois, nous sommes rapidement servies. Ainsi, à 21H45, nous sommes prêtes déjà à regagner nos pénates. Pas d’occasion de se distraire ; la seule occupation est d’envoyer quelques mails, au cybercafé qui est juste en face de notre hôtel. On entre auparavant à la chambre pour y déposer quelques affaires. L’homme de la réception nous appelle. Il essaie de nous expliquer quelque chose :

 « It’s closed.

 -         The cafe? Oh! That’s right, tomorrow! “

 On sort quand même prendre l’air. On ne sait jamais, peut-être qu’on peut aller prendre un pot quelque part ?

 « It’s closed!

 - Yes!

 - It’s closed in five minutes!

 - Okay! We understand!

 - No, it’s closed, the hotel is closed in five minutes…”

 Ça y est, on percute ! Isa surtout. Elle entre dans une colère hallucinante :

 « What !!! It’s closed ! It’s impossible, a scandal…”

 Elle râle après le petit personnel de l’hôtel. Elle traverse le hall, le kway sur les épaules, royale ! Et moi, très lèche-cul, je lui explique : 

 « It’s better for our security ! »

Par fanny marques - Publié dans : madeinindia
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