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Tout ici est vrai ! sans trucage !
Cela s'est passé durant l'été 2005, au cours de voyage plein d'aventures,
sur les routes d'Inde du Sud
Bonne lecture et surtout pensez à me laisser vos commentaires...
MADE IN INDIA
Made in India
Tout ici est vrai ! sans trucage !
Cela s'est passé durant l'été 2005, au cours de voyage plein d'aventures,
sur les routes d'Inde du Sud
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MADE IN INDIA
2H00 du matin :
Un sac sur le dos, un autre sur le ventre, baskets aux pieds, cheveux blonds détachés, on sort de l’aéroport climatisé. Premier choc, la chaleur. C’est un peu comme si on venait de rentrer dans un hammam. Deuxième choc, les regards ! Nous sommes derrière des barrières, de l’autre côté des indiens, bien sûr, nous observe attentivement. J’ai comme l’impression d’être dans une cage d’un zoo. C’est vrai qu’on ne passe pas inaperçu. Bien, c’n’est pas grave, cherchons notre chauffeur. Alors, un panneau avec mon prénom…ou mon nom…ou mon nom mais mal orthographié…tout va bien, il doit être endormi sur les bancs…non, même pas. Alors, il est à la porte des arrivées …non plus…dans son taxi…oui, mais lequel ?...dans un autre aéroport…il est en retard…il a eu un accident sur la route…bref, il n’est pas là ! Je n’ose même pas regarder Isa. Elle non plus ! Y a comme une légère angoisse dans nos yeux ! Au bout d’un moment, elle me propose de faire le point. Ok ! Mais a l’intérieur de l’aérogare car faudrait que j’arrive à me débarrasser du chauffeur de taxi qui s’est accroché à ma jambe et qui me supplie de monter dans son véhicule !
Une fois à l’intérieur, nous faisons donc le point :
1- y a pas le taxi
2- il faut appeler Florence
3- les portables ne marchent pas en fait, on peut juste envoyer de SMS en France …merci Orange. Soit disant que vous m’aviez donné un forfait pour appeler partout dans le monde et pour une fois que j’en ai besoin, ça ne marche pas !
4- faut aller à la cabine jaune : t’as de l’argent toi ? non, allons au distributeur …y en a pas !
5- échanger un traveler …mais le comptoir est fermé juqu’à ce qu’un nouvel avion arrive ! Génial…
6- il nous reste plus qu’à mendier. Chouette des Français qui étaient avec nous dans l’avion. Ils ont pitié et nous donne quelques roupees.
7- on a quelques pièces…la cabine jaune ne marche pas ? « c’est que pour les appels locaux ! Pour Pondy, faut aller voir la standardiste. »
8- la standardiste dort sur son téléphone. Tu m’étonnes, c’est quand même pas loin de 3H00 du matin. On la réveille, elle n’apprécie pas du tout, mais alors pas du tout, du tout ! Désolées …
9- On réveille la famille Pons. Désolées (bis)
« Quoi ? Vous êtes sûre ? Mais c’est la première fois qu’on envoie un taxi chercher quelqu’un à l’aéroport et qu’il ne vient pas ? » Peut être mais il a fallu que ça arrive aujourd’hui. J’aime bien les nouvelles expériences…quand elles arrivent aux autres.
10-puisqu’on a n’a pas d’argent, faut demander à une personne de confiance qu’elle nous aide à négocier un taxi qui voudrait bien nous amener jusqu’à Pondy et qu’on paierait à notre arrivée. Concertation. On va demander au policier là – bas. Il est prêt à nous aider même après mes explications piteuses en anglais. Il nous accompagne pour discuter avec les compagnies de taxis. Il nous amène plus particulièrement à une…il doit avoir quelques intérêts ??? Ils parlent en tamoul, on comprend rien bien sûr, sauf à la fin où il nous demande 2500rps pour faire le trajet et il faut payer avant de partir ! Mais on n’a pas d’argent ! Retour case départ.
Fallait pas lui faire confiance à ce policier, c’est sûr, y a des signes qui ne trompent pas, il n’arrêtait pas de nous parler tout en se grattant une partie que ma mère m’a défendue de nommer…la Classe !
11- Attendons que le comptoir American Express ouvre…misère ! 3H45, enfin, ça ouvre, un avion vient d’atterrir. Génial. On échange 200€ et voilà qu’on se retrouve avec des liasses de billets à dissimuler le plus discrètement possible…le stress augmente, déjà que …
12-Avec tout cet argent, nous voilà prêtes à marchander le prix du taxi. Florence a dit « aux alentours de 1500rps ». On ressort de l’aéroport, pas le temps de se diriger vers un comptoir de taxis, qu’on nous saute dessus. ça fait un moment que les rabatteurs ont vu notre numéro, on entre, on sort, on va voir des compagnies de taxis accompagnées d’un policier, on revient à l’intérieur. C’est sûr, celles là, elles sont dures en affaire, elles marchandent ferme. Direct on nous propose 1700 rps ! Avec Isa, on sait que c’est un plus que le prix normal, mais c’est 4h00 du matin, voilà trois heures qu’on a foulé le sol indien et on n’est pas sorties de l’aéroport, alors 200 rps de plus, ça fait que 4 € après tout ! Allez zou ! C’est parti…
On suit un petit indien, qui nous amène à un autre indien qui nous ouvre la porte d’une voiture sortie tout droit d’un album d’Hergé. Le petit indien nous tend la main : « 1 dollar ? 1 Euro ? » On lui fait signe cruellement que non. On n’a même pas un centime d’euro vu qu’on a tout dépensé à la FNAC avant de partir…la honte ! Tout ce qu’on a, c’est des très gros billets en roupees cachés dans nos sous-vêtements (ou presque !) A l’intérieur du taxi, on cherche les ceintures…illusion ! Il démarre. On se met d’accord avec Isa, faut rester vigilantes, ne pas se séparer des sacs, ne pas s’endormir, on se tient à la poignée, prêtes à sauter au cas où il nous amènerait dans un guet-apens. La sortie du parking annonce la couleur : Schumarer est au volant. Slalom entre les camions, les scooters, les vélos, les piétons, les voitures à contresens, une vache par ci, un chien par là…si je m’en sors, c’est juré, j’irai brûler un cierge. On n’ose plus dire un mot, on se tient la main, unies jusqu’à l’heure dernière …elle arrive, là, en face un énorme camion avec un seul phare…le chauffeur du taxi pile et se rabat brutalement en frôlant des piétons qui se lavent au bord de la route ??? Et ça continue comme ça pendant trois heures jusqu’à Pondichéry…
C’est à croire qu’on se fait à tout. Bercées par le ronronnement assourdissant du moteur et les secousses de la chaussée bombardée qui font que mes 1m83 dans un taxi indien deviennent très vite encombrants, nous sommes endormies, la bouche ouverte, appuyées sur nos sacs à dos.
6H30, on arrive enfin au 56 rue Romain Rolland : je vérifie…j’ai mes sacs, ma tête et mes quatre membres : alléluia, mon ange gardien a veillé sur moi !
Florence et Yves nous proposent un café, je suis dans les vaps. Je m’effondre sur un lit…on verra au réveil !
Midi, du même jour.
Je me réveille. J’ai comme la gueule de bois. J’ai rêvé d’avion, de taxi qui conduisait n’importe comment… Qu’est-ce que j’ai fait hier ? Où je suis ? J’ai bu à ce point ?
Je sors de la chambre. Dans la cuisine, il y a une dame qui s’appelle Maria. …je suis chez mes cousins en Espagne ? Tiens, c’est étrange, y a Florence, ma collègue de Villeneuve, elle parle de cycle 2 et 3. Elle me dit qu’elle arrive de l’école…Je dois encore être de rêver. Qu’est-ce qu’elle pourrait faire chez mes cousins en Espagne pendant les vacances alors qu’elle travaille en Inde ? C’est bizarre, je ne reconnais pas la maison de ma cousine Gloria…Dehors, j’entends l’appel à la prière d’une mosquée…À moins que je sois partie au Maroc avec Christine et Martine ?
Quand je reviens à l’intérieur, Isa est là, elle me tend le Routard de l’Inde du Sud et le Petit Futé, elle sort des cartes, elle me parle d’itinéraires…Elle est trop speed, on a le temps avant de partir en Inde.
17H00- Florence réapparaît dans mon rêve. A nouveau, elle me dit qu’elle revient de l’école et qu’elle nous amène nous balader en ville.
« Ça va, Barcelone, je connais, bon si tu y tiens, mais promis, on ira visiter la cathédrale ?" Dehors, la chaleur est étouffante, humide, pas du tout le climat de Barcelone. Etrange, tous les gens que je croise sont indiens. Indiens d’Inde, pas d’Amérique. Je les dépasse tous de deux têtes au moins. Je comprends, je rêve que je suis Gulliver au pays des Lilliputiens, non ? On marche dans les rues et pas sur les trottoirs. Faut dire que ces derniers sont occupés par des familles entières qui dorment à même le sol et font leur cuisine sur des réchauds improvisés. Des femmes me tendent la main, les suppliant de leur donner des pièces, il y a du bruit, du monde, des odeurs, des couleurs, du bruit, des regards, du bruit, des vélos, des scooters, des taxis Tintin, des scooter taxi jaune qui font que klaxonner, …Je suis perdue, étourdie, je vais me réveiller…mais, non, c’est la réalité. Je devrais être heureuse, mais la première question qui me vient est :
« Qu’est-ce que je fais là ? »
J’arrive devant un temple. Un éléphant est face à moi. Suivant les conseils de Florence, je glisse 1rps dans sa narine et voilà qu’il pose sa trompe sur ma tête : je suis bénite. Plus rien ne peut m’arriver maintenant :
Welcome to India !
Le jour J
Lever 7H00. A vrai dire, je ne dors plus depuis 4H10 exactement « Ai-je pensé à tout ? Qu’est-ce qu’il fallait surtout pas oublier ? Ah, oui, il faut que j’appelle Aurore pour lui dire un truc à propos des médicaments de Fleur (Fleur, ce n’est pas ma fille cachée, c’est juste une vieille jument) J’aimerai que ça soit déjà l’heure de se lever et de partir enfin…
Ouf ! Le réveil sonne, c’est bien une des rares fois où je suis contente qu’il sonne. Je bondis hors du lit, préparation record, déjeuner englouti, je suis super impatiente, j’ai l’impression que c’est le matin de Noël…allez on y va. Une petite photo avant de partir…difficile de cacher que j’ai peu dormi, mais il semblerait que je ne sois pas la seule ; Isa est méconnaissable !
A 8H00, parrain nous amène lui-même en voiture avec Sylvie, ma cousine, jusqu’à Roissy. Je stresse à mort, y a des embouteillages, mais visiblement, c’est normal, ça circule même plutôt bien selon mon parrain ???
Notre avion part du terminal 2C. Donc, on essaie de se garer au parking C : impossible, il est en travaux. Alors, on se rend au parking A puis on ira à pieds jusqu’au 2C. Quand on arrive au terminal A, c’est la panique, des policiers du service de déminage nous hurle dessus « faut pas rester là, fermer le secteur, circulez vite, vite, vite… » Il semblerait qu’il y a une alerte à la bombe pour un sac oublié dans le hall…c’est bien ma chance ça ! Comme si je n’étais pas assez stressée comme ça …
On parvient donc difficilement au terminal 2C. Un monsieur nous demande gentiment de lui montrer nos billets pris le 1er mars… « Ah ! Entre l’impression de vos billets et la date du départ y a eu un petit changement …
- quel changement !!!(angoisse)
- Bien, Delta Airlines embarque au terminal 2 E maintenant !
- Et c’est où ça ?
- Facile, il suffit d’aller tout droit, tout droit !
- Ah ?!? »
Alors, c’est parti pour une longue traversée de l’aérogare. Avant de me lancer dans l’expédition, je dis au revoir à mon parrain et ma cousine et les remercie infiniment pour nous avoir accompagnées jusqu’ici : vous m’imaginez dans le RER jusqu’à Roissy avec la veine que j’ai ???
Donc, il nous faut atteindre le terminal 2 E à pieds, avec 17 kilos de bagages sur mon dos. Je précise, dans un superbe sac à dos de marque D….thlon, super pratique et super beau acheté spécialement pour l’occasion et j’en suis pas peu fière il est vrai. Alors, marchons, marchons, jusqu’au terminal 2 E : « le terminal 2 E, c’est pas celui là qui s’est effondré l’an passé ? Encore, un signe encourageant ! »
9H00 nous voilà enfin au bon terminal : enregistrement, interrogatoire plan Vigipirate en action…notre balade n’est pas terminée car la salle d’embarquement est loin, loin, loin…à l’autre bout de l’aéroport, dans un hangar isolé pour cause d’effondrement de la passerelle (Ah, c’est bien ce que je pensais !). Ouf, sauvées, une navette nous conduit jusqu’à la salle d’embarquement porte E 83.
10H00, on est enfin en salle d’embarquement. On a bien fait de prévoir large. L’embarquement devrait commencer dans 20 minutes à peine. Décollage prévu à 11H10. Dans la réalité, on embarque à 11H00 et on décolle à 12H05 : 1 heure de retard au départ…tout va bien ! On est à l’intérieur c’est déjà ça ! Dire qu’il y a deux jours en arrière, je n’avais pas mon visa…ça progresse ! Mais faut que je reste méfiante, je sens que tout ne va pas se passer comme prévu…une intuition…
La tête des Grands Jours
9H00 de vol, ça laisse le temps d’écrire ce carnet, de lire, d’écouter de la musique, de regarder un film, de faire des mots fléchés, de papoter et …de s’ennuyer : je languis tellement d’arriver. Une seule consolation, les plateaux repas, ça va nous occuper un temps…même pas, c’est avaler en trois secondes tellement qu’ils sont copieux !
21H30 atterrissage à Madras ou Chennai : heure locale, 1H00 du matin, du coup, même le jour a changé…Vendredi 22 juillet : j’ai posé mon pied sur le sol indien. Tout se passe bien : on passe les douanes, les papiers sont en règle (encore heureux !), on récupère nos sacs, passage aux toilettes, on est prêtes à aller rejoindre le chauffeur de taxi que devrait nous attendre dehors avec un panneau sur lequel Florence a pris la peine d’écrire mon prénom. Finalement, pas de nouveaux problèmes, il semblerait que j’ai enfin de la chance…Je prends même le temps d’envoyer un SMS à ma sœur pour lui dire qu’on est bien arrivés : génial, ça marche ! Tout va bien…sortons de l’aérogare, confiantes !
Jour J-1
Ça y est ! Je crois que j’ai pensé à tout.
Isa : « t’as pensé à l’ordonnance pour la Savarine ?
- Quoi, il faut une ordonnance, mais je croyais que comme c’était payant et beh…non ? Merde, j’ai encore oublié un truc ! je suis foutu, je vais attraper le palu et mourir dans un hôpital en Inde, j’aurais dû écouter ma maman… »
Donc, ce matin, je dois aller chez le docteur. Mon parrain me donne les coordonnées du sien, le docteur Eugène, dit Gégé. J’ai un rendez vous à 10H00 pétante.
10H00 : la salle d’attente est vide. Gégé arrive quasi instantanément, pas le temps de s’asseoir. Il me prend seule dans son cabinet. Isa devra attendre dans la salle avec les vieux Voici et Gala de l’été dernier.
Dans le cabinet, il commence par me demander dans quel pays je pars. A sa réaction, je comprends vite que pour lui, l’Inde c’est le pays de tous les dangers. Il me demande ensuite de lui faire l’inventaire détaillé de ma trousse à pharmacie. Visiblement j’ai oublié plein de trucs important. Il me fait une ordonnance avec du Spasfon, des Doliprane 1000mg, du Kétum, du Voltarène. Puis, il m’ausculte : les poumons, le nez, la gorge, le dos, …Et pour la Savarine. Ah, oui, il me fait donc une deuxième ordonnance et me donne en plus des brochures sur les dangers des longs trajets en avion pour la circulation du sang ainsi que les dangers de l’eau non potable. Il me raccompagne à la porte et me serre la main en manquant de me briser trois phalanges. Je ressors avec Isa totalement stressée comme si j’y ne serais pas arrivée toute seule. Gégé est tellement speed qu’il pourrait faire courir le 100 mètres en moins de 10 secondes à tous les pensionnaires d’une maison de retraite.
Cet après midi, ce sera visite culturelle : le Musée d’Orsay. On y va surtout parce que c’est gratuit : avec notre pass enseignant, on l’a impression d’être des VIP…sauf que …on ne l’est pas.Une fois à l’intérieur, c’est synchronisation des montres, on se donne 45 minutes par étage. Heureusement, y en a que trois. Surtout ne pas rater les œuvres majeures. C’est facile à reconnaître, c’est là où il y a le plus de Japonais. Van Gogh, Monet, Manet (je les confonds tous les deux) Renoir, Rodin…j’ai déjà presque tout mélangé. Enfin, de là, on a vu superbe sur Paris.
17H30, on sort de là, vider. Passage à la FNAC Saint Lazare. Les derniers achats avec mes derniers euros car j’ai oublié ce matin ma carte bleue et je n’ai plus de liquide. Faut dire aussi, que la Savarine était plus chère que prévue : 20€10 la boîte au lieu de 16€ à la pharmacie de La Poste d’Isabelle.
Avant l'heure fatale, je vais faire un peu de tourisme: direction Saint Denis. Il y a tant d'années que j'en entends parler, un rêve va se réaliser. Bien sûr, il n'y a que moi et quelques prof d'hitoire retraités pour fatasmer sur un tel monument : la Basilique Saint Denis. Toutes ces tombes, ces reliques, ces ossements ça me met dans un état...Mais, je suis forte, je n'ai même pas pris l'audioguide à l'entrée et je n'ai même pas tout lu, et toc ! Bon, quand je sors, j'ai des tics, des tremblements, je crois que je suis en manque, il me faut ma dose. Aussitôt, je cours vers l'écran qui diffuse en boucle l'historique de la nécropole. C'est en japonais, sous-titré en anglais, mais tant pis, je sens déjà que ça agit sur mon cerveau...je me sens mieux. Mais n'oublions notre rendez vous de 16H00.
15H30, par peur d'être en retard, je suis déjà devant l'Ambassade.
Bienvenue à l'Ambassade de l'Inde en France
Une cinquantaine de personnes attendent déjà. J'aperçois une dame avec qui j'avais papoté la veille. Je lui fais signe de la main, elle me dit de venir à côté d'elle, du coup, je grille tout le monde. Chose dont j'ai horreur en tant normal, mais là, l'amour ça vous pousse à faire n'importe quoi.
16HOO tout le monde se lève, ça va ouvrir.
16H15 rien
16H20 toujours rien. Faudrait pas que ce soit un jour férié aujourd'hui en Inde...
16H30 RAS : les gens commencent à s'impatienter; moi je suis liquide.
16H40 enfin, la grille s'ouvre. C'est à nouveau la cohue. Une file indienne s'organise de l'entrée jusqu'aux guichets. "File indienne" ça doit être un mot d'origine du pays dû à une tradition millénaire de faire la queue et d'attendre ? hypothèse à vérifier dans le Routard.
17H00, j'arrive au guichet, tends ma facture de la veille à une dame au visage fermé comme une huître. Elle regarde vaguement autour d'elle et m'affirme : " faut attendre, il n'est pas prêt!" Hallucinant, il y a une centaine de passeport autour d'elle, sur les étagères, à même le sol, entassés les uns sur les autres, et elle, en un regard, elle sait que le mien n'est pas là : trop fort. Elle a sûrement des pouvoirs surnaturels, c'est pas possible autrement. Je sais, c'est SUPERINDIAWOMAN, c'est sûr,c'est elle.
Donc, j'obéis épatée par son pouvoir et j'attends, 20 min, 30 min, 1 heure...elle ne m'appelle pas. Je me tiens debout, près de la vitre car par moment, SUPERINDIAWOMAN ouvre un passeport au hasard et prononce sans effort d'articulation le nom de l'intéressé. Comme la salle de 25m2 est bondée de personnes qui comme moi espèrent, on entend rien. Alors, des complices et moi même, nous répétons les paroles sacrées de SUPERINDIAWOMAN. Une ou deux personnes se reconnaissent et réussissent à récupérer leur butin. Ils ressortent sous les applaudissement du public surchauffé.Une vraie solidarité s'est crée: un pour tous et tous contre l'Ambassade. Moi, j'attends.
18H00 je change de stratégie. Je vais m'adresser à un autre employé. Je remarque un homme qui s'agite et semble retrouver les destinataires des passeports qu'il attrape. Je tends ma facture dans sa direction, mais voilà que surgissant de derrière mon épaule gauche surgit un gros bras velu qui me grille sur le fil. Je dois vite changer de fusil d'épaule. Une autre femme, vétue d'un sari vert brillant semble elle aussi en pleine activité. Quelques coups de coude bien aiguisé et j'arrive jusqu'à elle. Elle prend mes références, baisse les yeux et retrouve en 3 secondes mon passeport qui était sous le nez de SUPERINDIAWOMAN ( qui était simplement une fainéante)J'ai tout juste le temps de vérifier que c'est bien le mien, je la remercie et embrasse mon sésam. Les gens autour de moi me souhaitent bon voyage, à mon tour je leur souhaite bon courage.
Au final, j'aurai passé plus de 7 heures à attendre à l'Ambassade, une cinquantaine de coups de fil, une dizaine de mails restés sans réponse, un fax, un chronopost de 20 euros, un nouveau passeport à 60 euros, un nouveau visa à 50 euros...tout ça pour me retrouver à moins de 40 heures du départ avec deux passeports et deux visas.
Je retrouve Isa sur les quais de la station Roosevelt. C'est étrange de se retrouver là et dire que dans quelques heures je serai dans l'avion pour Madras...du moins j'espère!
Nouvel épisode d'Amour, Patience et Ambassade
Après un lever matinal extrême, un transport haute-tension dans le RER et le métro, après avoir lu et relu le plan de Paris et du 16ème arrondissement, j'ai réussi à trouver les services consulaires de l'Ambassade d'Inde. Il est 8H15, ça ouvre à 9H30...bon, ça devrait aller, je serais la première : erreur, une vingtaine de personnes sont déjà là sagement alignées. Une chose est sûre, c'est bien là ! Comme quand je suis stressée, je deviens très sociable, souriante, bavarde, étonnant, non ? Je sympathise donc facilement avec des gens qui font la queue comme moi, notamment un charmant jeune homme...
9H30, les portes s'ouvrent, c'est la cohue. Heureusment, un indic dans la file d'attente m'avait mis au jus :
" Faut que vous preniez de suite un ticket à la borne.
- Quelle borne ?
- La rouge, comme celles qu'on trouve dans les supermarchés quand vous allez acheter deux tranches de jambon.
- Okay ! message reçu 5 sur 5"
Direct, je fonce, je prends un ticket n°669.
Je me place dans la salle d'attente en choisissant bien ma place. Là, je le repère, debout, contre le mur. Qui donc ? L'ambassadeur ? non, oublié, j'ai choisi une autre cible : le charmant jeune homme croisé dans la file d'attente. Toujours très à l'aise, je lui pose des questions, on s'expliqe nos problèmes respectifs. J'apprends qu'il est Américain de Chicago, que sa maman a fait brûler un cierge la veille pour qu'il récupère son passeport ce matin ( si ça marche, je cours à Notre Dame ) et qu'il ...qu'il est marié à une française...Tiens, soudain, j'ai comme une envie d'aller m'asseoir, j'sais pas pourquoi ?
643, 644, ...657, 658...667...ça approche, je me lève...668 j'éteins mon baladeur...669 !!!
Ah...ça y est ! enfin, c'est mon tour ! mon coeur va exploser comme si j'allais chanter devant le jury de la Nouvelle Star...faut tout donner pour que le public vote pour moi !
La lumière rouge clignote et m'indique le guichet n°3. Je me poste devant la vitre...personne ??? ça doit être la pause Ferrero !
Il revient, s'assoit le nez dans ses papiers...il va sûrement lever la tête et quand il me verra, il sera qui je suis et se précipitera pour m'embrasser...Il continue à ire ses dossiers. Je bats des cils, sors mon plus beau sourire style je suis super aimable. Il daigne même pas me regarder et prononce un mot incompréhensible :
"pardon? vous pouvez répéter ?" Faut dire que nous sommes séparer par une vitre sans trou et sans hygiaphone, donc je n'entends rien. De plus, à côté de moi, un indien hurle en hindi sur le monsieur du guichet n°1. Je crois comprendre qu'il veut récupérer son passeport rapidement. C'est pas la bonne stratégie. C'est sûr, il n' a pas eu comme moi tout un staff de blondes qui des jours durant, m'ont conseillé sur quel style adopté :
1- être ferme mais polie, aimable et souriante pour ne pas les vexer
2- ne jamais sous-entendre que c'est de leur faute
Deux règles essentielles, le pauvre, il est perdu, il n'aura jamais son passeport!
"TICKET ! m'ordonne le guichet n°3
- ah oui, pardon...tenez !" J'essaie d'expliquer mon cas, que j'ai déjà envoyé un premier passeport mais qu'il ne m'a jamais été retourné...
"Faudrait savoir ce que vous voulez, ici c'est pour déposer des demande de visa, pour retrouver un passeport, il faut attendre 10H30, alors laissez la place aux autres!
- D'accord, je veux un autre visa mais j'ai déjà payé..."
Il ne veut rien entendre, m'arrache les documents et m'ordonne :
"50 euros en liquide et que ça saute !"
J'obéis, soumise mais toujours souriante...ne pas les froisser! J'aurai mon nouveau visa demain à 16 H. Mais mieux vaut ne pas manger la galette avant de l'avoir beurrée ( proverbe breton)
La mission n'est pas terminée : il faut maintenant essayer de récupérer mon premier passeport. Je m'approche de l'accueil et demande au monsieur qui somnole derrière son comptoir:
"L'homme qui s'occup de correspondanc arrive 11H30, madam !" me jette-t-il froidement dans un français approximatif. C'est sûrement un cousin de Gisèle la secrétaire de l'iufm ou un oncle de la bonne femme de l'accueil de la sous-préfecture. C'est à croire que pour travailler à l'accueil de n'importe quelle administration, il faut avoir un diplôme de "jefaislagueule" mention TB. Au lieu d'appeler ça l'accueil, on devrait appeler ça le refouloir!
Donc, encore 1 heure d'attente. 11H25, l'homme tant attendu est là. Une dizaine de personnes dans mon cas le regarde avec vénération : prosternons-nous à ses pieds, notre sauveur nous est envoyé, non pas des Cieux mais du 1er étage. Je refais la queue, je bavarde avec un gars de Marseille qui part vendredi et qui a fait le voyage de nuit en voiture pour pouvoir récupérer son passeport. Une autre fille part demain et attend son passeport depuis des semaines. Je compatis et constate qu'il y a des situations pires que la mienne.
C'est mon tour. J'arrive aux pieds du Jésus indien: je donne mon nom, la date d'encaissement de mon chèque..."le 10 JUIN ???vous êtes sûre ?
- oui, le 10 juin" Il a l'air intrigué, c'est pas bon signe. Il regarde une liste manuscite contenant des milliers de noms...il retrouve le mien.
"Je vais voir s'ils ne nous l'ont pas retourné
- ils ??? ah oui, La Poste...c'est sûr c'est leur faute et pas la votre! vous faîtes de votre mieux pour nous aider" Je joue la carte de la lèche à fond, bon, j'en fais peut être un peu trop ! Je souris et j'attends.
11H40 : il revient, tout le monde est autour de lui, il tient semble-t-il une lettre recommandée. Tout le monde espère que c'est la sienne.
"C'est pour Madame Fanny " mais, mais, c'est moi..."oui, je suis là" Il me tend l'enveloppe enfermant mon passeport. Tous les regards autour de moi me foudroient sur place. Je m'aperçois que l'adresse est incomplète. C'est de leur faute mais je ferme ma gueule. Je lui arrache la lettre des mains et je sors. Au dos du recommandé, il y a écrit résidence Amadéus, le nom de mon ancienne résidence. Comment a-t-elle pu se retrouver sur cette enveloppe. Je suis sûre de moi, c'est pas possible que je me sois trompée...en même temps, je doute. Mais le problème n'est pas là, sur le recommandé, il y a juste le nom de la rue et le numéro, l'adresse est bien incomplète et le facteur ne s'est pas trop cassé la tête non plus.
Je dois revenir le lendemain car le passeport que je viens de récupérer a été déclaré perdu, donc il n'est plus valable...Pour me détendre, l'après midi je vais faire un tour au centre Pompidou. après avoir payé un café à 2Euros50, j'ai besoin de faire des économies. Alors le centre Pompidou c'est bien car c'est gratuit pour nous autres enseignants : privilégiés !
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